En République Démocratique du Congo (RDC), un rebond dans le secteur minier a permis une augmentation significative des réserves internationales brutes, atteignant près de 3 milliards USD ou 6,4 semaines d’importations à la fin de 2021. Le déficit budgétaire global s’est amélioré à 1 % du PIB en raison de recettes plus élevées et d’investissements inférieurs aux prévisions, a déclaré une équipe du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Mercedes Vera Martin à Kinshasa lors d’une mission de revue du programme et de la consultation au titre de l’Article IV avec la RDC, du 27 avril au 9 mai 2022 pour mener des discussions sur la consultation pour 2022 au titre de l’article IV et la deuxième revue du programme économique et financier de la RDC appuyé par une Facilité élargie de crédit (FEC).
L’équipe du FMI et les autorités congolaises sont parvenues à un accord au niveau des services pour la deuxième revue du programme. Cet accord au niveau des services doit être soumis à l’approbation de la direction du FMI. La réunion du Conseil d’administration pour cette revue et la consultation Article IV est prévue fin juin 2022. La croissance réelle du PIB, estimée à 6,2 %, a rebondi en 2021, soutenue par le secteur minier et les services, tandis que l’inflation s’est établie à 5,3 % à la fin de 2021. Le déficit du compte courant s’est réduit à 1% du PIB, grâce au niveau élevé des exportations minières.
Dans ce contexte, la mise en œuvre du programme appuyé par la FEC est restée satisfaisante. « Les données préliminaires suggèrent que tous les critères de réalisation à fin décembre 2021 ont été remplis. Cependant, l’objectif indicatif sur les dépenses de santé prioritaires n’a pas été atteint en raison de lacunes dans la mise en œuvre et un manque de coordination entre agences exécutantes. Les autorités ont également avancé dans leur programme de réformes structurelles», a déclaré Mme Vera-Martin à la fin de la mission.
Malgré d’importants risques à la baisse, notamment en lien avec la guerre en Ukraine, les perspectives pour 2022 restent relativement favorables et offrent des opportunités de consolider la stabilité macroéconomique. La prévision de croissance a été révisée à 6,1% contre 6,4%. Un léger excédent du compte courant, tiré par des dons plus élevés et un déficit commercial relativement stable, soutiendra une accumulation de réserves supplémentaire. La hausse des prix internationaux de l’alimentation et de l’énergie devrait peser sur l’inflation et augmenter les dépenses courantes en raison de subventions non ciblées sur les carburants. Toutefois, la détérioration budgétaire devrait être contenue grâce à la bonne performance des recettes.
Les discussions ont également porté sur les réformes à la Banque Centrale du Congo pour améliorer les sauvegardes, renforcer le cadre de la politique monétaire, continuer à augmenter les réserves internationales et améliorer la supervision bancaire, tout en soutenant l’inclusion financière. L’accord au titre de la FEC de 36 mois pour la RDC pour 1 066 millions de DTS (100% de la quote-part, soit environ 1,52 milliard de dollars) a été approuvé par le conseil d’administration le 15 juillet 2021, pour aider à répondre aux besoins de financement liés à la pandémie de COVID-19. La première revue a été achevée mi-décembre 2021.
