Le juge Charles Wright, procureur général près la cour d’appel de Conakry l’a officialisé le 4 mai 2022. Alpha Condé et 27 anciens hauts dignitaires de son régime déchu, pour la plupart déjà incarcérés en prison pour soupçon de détournement de fonds publics, seront poursuivis par la justice pour « assassinats » perpétrés lors de remous sociopolitiques. Une procédure notamment liée à son troisième mandat controversé de 2020 qui a occasionné assez de pertes en vies humaines ainsi que des destructions matérielles importantes.
Si l’annonce de sa libération le 22 avril dernier avait été vécue comme un véritable coup de massue par les victimes et opposants de son défunt régime, l’annonce des poursuites judiciaires contre l’ancien président était assez prévisible. Sur la base de dénonciations des lanceurs d’alertes, de plaintes formulées notamment par le collectif FNDC, qui s’opposait à l’époque à la modification constitutionnelle, le procureur général a décidé d’engager des poursuites judiciaires « immédiates » contre l’ancien président et plusieurs ténors de l’ancien régime. En tête, l’ex-Premier ministre Kassory Fofana et l’ancien président de l’assemblée nationale dissoute, Amadou Damaro Camara, déjà écroués à la maison d’arrêt de Conakry pour soupçon de corruption. D’anciens hauts gradés de la police ne sont pas en reste, à l’image de l’ex-inspecteur général, Ansoumane Baffoé, également visé par la procédure pour crime de sang, tout comme l’ancien ministre de la sécurité, Albert Damantang Camara qui, par ailleurs est déjà emprisonné pour détournements présumés de fonds publics.
À 84 ans, Alpha Condé et ses ex-collaborateurs s’apprêtent à solder le lourd passif (économique et politique) d’une décennie de gestion d’un régime marqué par de nombreux abus qui ont souvent été dénoncés par les organisations de défense des droits humains. Il lui est désormais interdit de sortir du territoire guinéen.
