Les banques en activité dans la sous-région préoccupées par l’environnement économique difficile sont déterminées à œuvrer pour la relance post-Covid. C’est la principale résolution prise au terme de la première édition des journées du banquier de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale sous les auspices de la Fédération des associations professionnelles des établissements de crédit (FAPEC).
Les banquiers des six pays membres de la Cemac, qui se félicitent de disposer d’un « secteur bancaire solide », réunis les 6 et 7 mai derniers à Libreville, au Gabon, ont réaffirmé leur capacité à financer l’économie régionale avec ou sans les emprunts extérieurs.
« Nous disposons dans la zone de toutes les ressources qu’il faut pour financer nos économies. Nous disposons de tous les instruments. Il y a le secteur bancaire à travers les banques. Il y a le secteur financier à travers les sociétés de bourse et la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) », a indiqué le président de la FAPEC, Loukoumanou Waidi, par ailleurs directeur général de BGFIBank Gabon.
Les banquiers ont souligné que la zone CEMAC dispose de nombreux atouts pour favoriser son essor économique. Avec un sous-sol riche pourvoyeur des matières premières bois, minerais et pétrole, l’existence d’une monnaie unique, d’une banque centrale et des textes uniques favorise une convergence économique pour un développement communautaire harmonieux.
Toutefois, au-delà des assurances, les banques de la sous-région sont réputées être moins prêteuses à cause des conditions draconiennes qui empêchent les entreprises et les particuliers d’accéder facilement au crédit bancaire, ce qui a pour effet de provoquer une surliquidité bancaire galopante.
La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) dans une étude publiée le 24 mars 2022 situe la surliquidité bancaire à 1450 milliards de FCFA (2,5 milliards de dollars). Selon la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), la survenue de la crise sanitaire liée au Covid-19 a entrainé une baisse de l’encours de crédit passant de 3 820 milliards de FCFA (6 milliards de dollars) au deuxième semestre 2020, à 3 057,6 milliards de FCFA (5 milliards de dollars) au premier semestre 2021.
Toutefois, les premières mesures de relance post-Covid commencent à porter des fruits, ce qui présage d’un financement accru de l’économie sous-régionale avec une croissance communautaire du Produit intérieur brut (PIB) réel de 1,6% en 2021 et de 3,3 % en 2022, après une récession de -1,7 % en 2020 à cause de la pandémie.
C’est dire que les banques sont attendues sur leurs engagements de financer davantage l’économie régionale. Aussi, pourrait-on s’attendre à une réduction des contraintes permettant ainsi aux agents économiques d’accéder au financement bancaire.
