Des conséquences importantes sur l’Afrique.
C’était attendu et anticipé pour certains. Le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Banque Centrale Américaine (FED) a relevé mercredi ses taux d’intérêt d’un demi point pour contrer une inflation olympique. Sur un an, l’inflation s’élève à 7,9%, au plus haut depuis janvier 1982.
Les taux directeurs évoluent désormais dans une fourchette allant de 0,75% à 1%. La FED n’écarte pas d’autres hausses à l’avenir. Face à une mesure dont l’ampleur est sans équivalent depuis la crise financière de 2008, le Nasdaq 100 a plongé de 5% jeudi. La Réserve fédérale va par ailleurs commencer à réduire son bilan (9000 milliards de dollars de bons de Trésor et de divers actifs ) à partir du 1er juin au rythme de 47,5 milliards de dollars par mois et à hauteur de 90 milliards de dollars après trois mois. Cette option est aux antipodes de la politique massive de quantitative easy adoptée ces dernières années à l’origine de la bulle spéculative observée sur certains actifs. L’augmentation progressive du coût de crédit devrait ramener l’inflation à 2%, croit la FED qui devrait prendre en compte une donne anxiogène : la guerre en Ukraine et les nouveaux confinements en Chine, pays en proie à une recrudescence des foyers de Covid -19 de nature à perturber les chaînes d’approvisionnement.
Pour les pays africains, une telle décision de la FED à ds conséquences immédiates: d’abord le renchérissement du billet vert déjà à un niveau élevé par rapport à l’euro et aux devises africaines. Ensuite la répercussion de ce taux plancher sur les futurs Eurobonds et les parts variables des dettes actuelles africaines. Autre conséquence, la réduction de voilure des fonds anglo-saxons qui n’auront plus le confort de liquidités suffisant pour poursuivre leurs politiques d’investissements et d’exploration des marchés dits « exotiques ». Entre les pays de la CEMAC qui facturent leurs exportations de pétrole en dollars et ceux de l’UEMOA qui facturent leurs cacao, leurs produits miniers et coton en euro/dollars et achètent de plus en plus en Yuan, les avantages et inconvénients de la décision du FED et de son président, Jérôme Powell, nécessitent un examen à la loupe des balances commerciales et des balances de paiement.
