En République Démocratique du Congo (RDC), le sénateur Augustin Matata Ponyo (57 ans) a annoncé, mardi 3 mai à Kinshasa, qu’il est le candidat désigné de son parti politique Leadership et gouvernance pour le développement (LGD), réuni en congrès, à l’élection présidentielle de 2023.
Avouant mesurer « la gravité de la décision de briguer la magistrature suprême au regard des attentes grandioses de tous », l’ancien Premier ministre a révélé, dans un message aux congressistes, avoir accepté «cette lourde responsabilité» du fait qu’il a «un rêve comme celui de Mobutu, de voir au centre du continent africain, une puissance militaire capable de sécuriser l’ensemble de la RDC et de contribuer à l’ensemble de la sécurité de la sous-région». Dans son entendement, « ce choix est un appel au devoir et au sacrifice citoyen face au destin de tout un peuple. Aussi, mesure-t-il, « dès l’instant, le sens élevé de l’honneur » porté sur lui.
Natif de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema située dans l’est de la RDC, Augustin Matata Ponyo Mapon a été Premier ministre du 18 avril 2012 au 20 décembre 2016. Egalement ministre des Finances entre février 2010 et avril 2012, il est poursuivi, depuis plusieurs mois, pour détournement présumé de deniers publics dans l’affaire du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo. L’Inspection générale des Finances (IGF) l’accuse notamment d’avoir «initié et payé, à la société Desticlox (qu’elle présente comme une société écran d’Africom), 510 883 USD au titre de frais de gestion alors que le prestataire identifié pour le projet était Africom», détourné 7,9 millions USD pour l’achat d’Ultimate Building Machine, du matériel de construction vendu par la société MIC Industries, fait montre de «négligence coupable» pour ne s’être «pas assuré (de l’existence) de mécanismes prudentiels de garantie de bonne gestion par le partenaire» (Africom), entraînant «l’opacité dans la gestion» du projet et la «surfacturation de biens et services».
