Le gouvernement malien annonce sa décision de dénoncer le traité de coopération en matière de défense signé le 16 juillet 2014 avec la France, et, ce avec effet immédiat, l’accord des 7 et 8 mars 2013 déterminant le statut du détachement français, applicable à la Force Barkhane et le protocole additionnel des 6 et 10 mars 2020.
Dans un communiqué publié le 2 mai 2022, Bamako indique en effet que la coopération militaire entre les deux parties s’est détériorée profondément suite à « l’attitude unilatérale du partenaire français, qui a décidé les 3 et 7 juin 2021, sans consulter au préalable le Mali, de suspendre les opérations conjointes avec les Forces Armées Maliennes (FAMa) et de mettre fin à l’opération Barkhane ». Le gouvernement du président Assimi Goita cite également « les multiples violations de l’espace aérien malien opérées par des aéronefs militaires français », et « la manœuvre dilatoire consistant pour la France, à demander une réunion d’experts pour la relecture du traité de défense, au lieu d’envoyer ses amendements, et cela plus de deux mois après envoi par le Mali de ses amendements en décembre 2021 ».
Des faits que Bamako qualifie d’ « insuffisances graves » et d’ « atteintes flagrantes à la souveraineté nationale du Mali ».
Accusée la semaine dernière par la partie malienne d’espionnage, de subversion et d’avoir violé son espace aérien malien, l’état-major français avait répondu en ces termes : « Les forces françaises qui sont déployées au Mali le sont dans le cadre d’un accord de stationnement de la force Serval qui date de mars 2013 et qui prévoit dans son article 5 une liberté de circulation, une liberté de mouvement pour les forces françaises et à aucun moment nous ne nous sommes rendus coupables de violations ou d’activité d’espionnage vis-à-vis des Maliens », avait déclaré son porte-parole, le colonel Pascal Ianni.
