L’Etat du Cameroun, qui entend mieux recouvrer les impôts et taxes sur les entreprises étrangères installées sur son territoire et renforcer le contrôle contre l’évasion des capitaux, a déposé ses instruments de ratification sur l’imposition fiscale auprès de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).
A travers cette opération intervenue le 21 avril 2022 à Paris (France), il sera désormais difficile pour les multinationales basées au Cameroun de contourner le fisc camerounais. Selon une note de l’ambassade du Cameroun en France, il s’agit d’un « instrument de ratification de la convention multilatérale pour la mise en œuvre des mesures relatives aux conventions fiscales pour prévenir l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices ».
D’après des sources concordantes, le chiffre d’affaires réalisé par des multinationales est toujours délibérément faussé. A titre d’exemple, « quand une firme internationale déclare un bénéfice mensuel de 2 milliards de FCFA (3,2 millions de dollars), il faut chercher parfois 10 milliards de FCFA (16 millions de dollars). En réalité, il faut multiplier ce montant par 4 ou par 5, voire plus pour trouver le chiffre exact », renseigne-t-on auprès d’un cabinet d’audit.
Un phénomène bien huilé qui renvoie « aux stratégies de planification fiscale utilisées pour exploiter les brèches et les discordances des règles fiscales actuelles qui permettent à des entreprises de faire « disparaître » leurs bénéfices ou de les transférer artificiellement vers des juridictions où elles ne sont peu ou pas imposées, alors même que ces entreprises y réalisent des activités économiques limitées, voire inexistantes », précise la chancellerie.
Cette situation cause un énorme manque à gagner au Trésor public avec des pertes estimées entre 100 et 240 milliards de dollars par an.
