La modernisation des paiements dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) devrait connaitre des changements majeurs à travers le projet initié par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) visant la redéfinition du périmètre de fonctionnement du Groupement interbancaire et monétique de l’Afrique centrale (GIMAC).
L’Institut d’émission monétaire de la sous-région annonce pour le mois d’août prochain, le recrutement d’un consultant dont la mission consistera de préparer le cadre réglementaire devant déboucher à la restructuration du GIMAC. Objectif, « séparer les activités ou fonctions interopérables ou interbancaires des cartes et des paiements instantanés, des fonctions concurrentielles dites délégataire (traitement pour compte de tiers) et de gestion de réseaux d’acceptation ».
La Banque centrale souhaite les loger dans des entités juridiques opérationnelles distinctes, dont l’une recueillerait également les systèmes interbancaires de paiement gérés par la BEAC, notamment les systèmes de paiement de gros montants, la télécompensation, les virements internationaux, les référentiels centraux.
« Ainsi, la BEAC réalisera d’une part la séparation opérationnelle des activités du GIMAC, et d’autre part, la séparation de ses activités d’exploitation et de gestion de plateformes ou services de paiement, de celles régaliennes de surveillance du bon fonctionnement et de la sécurité des systèmes et moyens de paiement et plus largement des infrastructures de marché dans la CEMAC ».
La BEAC compte mener, avec l’appui du consultant, « un audit approfondi de l’organisation et du fonctionnement du GIMAC afin de l’adapter et de le restructurer dans le cadre de la modernisation des paiements ». Il sera ensuite question d’étudier les options d’une nouvelle organisation et de proposer une feuille de route pour la mise en œuvre de la stratégie de développement des systèmes de paiement de la CEMAC autour du GIMAC et de la BEAC.
Le consultant devrait notamment élaborer des propositions de réformes sur les plans juridiques, organisationnels et financiers du GIMAC et des systèmes de la BEAC et élaborer un chronogramme permettant d’atteindre la situation cible sur tous les domaines étudiés.
Les candidats précise la Banque centrale peuvent s’associer avec d’autres firmes pour renforcer leurs compétences respectives. Au bout du processus, un consultant sera sélectionné selon la méthode fondée sur « la qualité et le coût » telle que décrite dans le « règlement ».
La BEAC renseigne qu’en 2020, le réseau GIMAC comprenait 51 établissements de crédit et de microfinance ayant une activité monétique, 2,7 millions de cartes émises, 1.726 guichets automatiques de banque et 2.847 terminaux de paiement électroniques sur les cinq réseaux monétiques. Pendant la période sous revue, la plateforme du GIMAC avait enregistré 3 millions de transactions pour une valeur de 136 milliards de FCFA (226 millions USD) en hausse de 234 % en nombre et de 188 % en valeur par rapport à l’année précédente.
