L’élection du président de la Fédération ivoirienne de football (FIF) aura tenu en haleine les Ivoiriens et cristallisé le débat dans l’espace médiatique ces dernières semaines au bord de la lagune ébrié. Opposée à Sory Diabaté et Yacine Idriss Diallo connus dans les rouages du football ivoirien, l’ancienne légende des Eléphants de Côte d’Ivoire et du club londonien de Chelsea a finalement été éliminée dès le premier tour ce samedi 23 avril, et c’est Idriss Diallo qui l’emporte à l’issue d’une campagne éprouvante qui aura déchaîné toutes les passions. Une véritable bataille des lobby financiers, sportifs et même politiques dont les secrets vont se dévoiler dans les semaines à venir.
Deux camps idéologiques s’affrontaient lors de ce scrutin épique. D’un côté, l’expérience du système footballistique ivoirien avec ses tares et ses manquements, ses échecs et ses réussites qui appelait à un nouveau pacte avec les présidents de clubs pour redorer le blason du football ivoirien, incarné par les candidats Sory Diabaté et Idriss Diallo, quoique briguant le même fauteuil. De l’autre, l’appel à un changement de paradigme total et définitif, une révolution sportive et économique du model footballistique ivoirien, ambitieux projet porté par l’enfant du pays Didier Drogba.
Star planétaire du football malgré ses nombreux détracteurs au pays, qui le considèrent comme un revenant, un étranger, l’accusant à tort ou à raison d’être inexpérimenté, d’être distant du football ivoirien, et surtout d’être pistonné par des hauts responsables de la Fédération internationale de football Association (FIFA), Didier Drogba n’a pas réussi à battre les anciens et déjouer les pronostics. Le front uni contre sa candidature parfois avec beaucoup d’acharnement sur le plan personnel tout au long de la campagne aura finalement eu raison de lui.
Le footballeur a rassemblé seulement 21 voix au premier tour équivalant à une élimination prématurée, contre 50 voix pour Sory Diabaté et 59 voix pour Yacine Idriss Diallo. Ce dernier va finalement l’emporter au second tour face à Sory Diabaté sur un score très serré de 63 voix à 61. L’assemblée générale élective de la FIF va finalement déclarer Yacine Idriss Diallo nouveau président à l’issue du second tour.
Maintenant tous les regards sont tournés vers l’instance suprême du football mondial, la FIFA qui a avait diligenté une enquête de moralité autour des candidats dont les résultats devraient être rendus publics dans les prochains jours. Une ingérence supposée de quelques autorités aurait également contribué à maintenir la date de la tenue de l’assemblée générale élective, incertaine jusqu’à la dernière minute. La FIFA va-t-elle valider ou invalider le scrutin sous réserve des résultats de l’enquête de moralité autour des candidats et particulièrement du vainqueur ou suspendre tout simplement la FIF pour ingérence des autorités locales ? L’annulation éventuelle de la victoire d’Idriss Diallo serait un véritable coup de massue qui relancerait une nouvelle fois la course effrénée à la présidence de la FIF et ramènerait dans la course le malheureux Didier Drogba si seulement, il en a la volonté morale et physique pour faire face au puissant lobby des anciens.
En attendant, le nouvel élu, Yacine Idriss Diallo devrait immédiatement se projeter sur la réalisation de son programme pour faire face aux défis immenses auxquels sont confrontés le football ivoirien. Notamment en termes de modernisation, de restructuration, de formation, de financement des clubs et d’amélioration substantielle du traitement salarial des acteurs du football ivoirien. S’il est confirmé par la Fifa, il aura la lourde tâche d’organiser la prochaine Coupe d’Afrique des Nations en 2023 qui se tiendra en terre ivoirienne.
