Le Cameroun et la Russie ont procédé le 12 avril 2022 à Moscou, à la signature d’un accord militaire. Selon des sources sécuritaires, cet accord qui « fait grands bruits » s’inscrit dans le prolongement de la coopération militaire qu’entretiennent les deux pays depuis plusieurs années, l’accent ayant été mis dernièrement sur la révision de l’accord militaire signé en 2015.
« Sur hautes instructions » du chef de l’Etat camerounais Paul Biya et du président russe Vladimir Poutine, le ministre de la Défense Joseph Béti Assomo et son homologue de Russie, le général Sergueï Choïgou, ont paraphé les documents qui encadrent cette nouvelle coopération militaire dont les points saillants n’ont pas été révélés « comme c’est généralement le cas en la matière » indiquent les autorités camerounaises.
Toutefois, l’on peut retenir de manière générale que « les deux pays conviennent de l’échange d’opinions et d’informations en matière de politique de défense et de sécurité internationale, de développement des relations dans le domaine de la formation conjointe et l’entraînement des troupes, d’enseignement militaire, de médecine, de topographie ou encore d’hydrographie militaire ».
Un accord encadré par les conventions internationales en matière de sécurité sous l’égide de l’ONU, raison pour laquelle la Russie et le Cameroun ont convenu « de l’échange d’expériences, de maintien de la paix et d’interaction dans des opérations de soutien à la paix sous l’égide des Nations unies ».
Accords militaires entre le Cameroun et la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Chine et Israël
Au ministère camerounais de la Défense, l’on situe cet accord dans son contexte qui veuille que « le Cameroun est un Etat indépendant, libre de signer de nouer la coopération militaire avec tous les Etats notamment dans le cadre du maintien de la paix ». En d’autres termes, « le nouvel accord Cameroun-Russie n’a rien d’extraordinaire et vient à la suite des accords militaires que le Cameroun a signés avec d’autres pays ». L’on peut notamment citer des accords de coopération militaire avec la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Chine, l’Israël…, chacun ayant ses spécificités.
Toutefois, corroborent des analystes, le nouvel accord Cameroun-Russie attire l’attention au regard du contexte géopolitique international et africain de l’heure, marqué par la guerre en Ukraine suite à l’invasion de la Russie, mais également, une présence russe en Centrafrique et au Mali dans un contexte géostratégique au détriment la France, l’ex-métropole. La montée en puissance du groupe « paramilitaire » Wagner défraie la chronique, ce dernier étant présenté par l’Occident comme « une milice » à la solde de la Russie.
Le parallèle est vite faite fait avec le Cameroun confronté à des défis sécuritaires qui pourrait être tenté de solliciter « l’expertise » de ce groupe dans un contexte marqué par des attaques de la secte Boko Haram dans la région de l’Extrême-nord, des incursions des bandes armées centrafricaines dans la région de l’Est et surtout des velléités sécessionnistes dans les régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest.
Il n’en est rien, soutiennent les autorités camerounaises pour qui l’on devrait sans extrapolation et sans polémique situer l’accord militaire Russie-Cameroun dans son contexte, c’est-à-dire « l’échange d’informations et le maintien de la paix ».
