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Réunions de printemps de la Banque Mondiale et du FMI: enjeux africains et défis mondiaux

La directrice du FMI, Kristalina Georgieva, prêtresse des printemps de la Banque Mondiale et du FMI, aux côtés de son alter ego David Malpass, a raison de faire un parallélisme entre le monde d’aujourd’hui, au lendemain d’une crise Covid-19 qui ne veut pas finir et d’une guerre en Ukraine aux effets dévastateurs sur les chaînes…

La directrice du FMI, Kristalina Georgieva, prêtresse des printemps de la Banque Mondiale et du FMI, aux côtés de son alter ego David Malpass, a raison de faire un parallélisme entre le monde d’aujourd’hui, au lendemain d’une crise Covid-19 qui ne veut pas finir et d’une guerre en Ukraine aux effets dévastateurs sur les chaînes de valeur de l’Energie et de l’agroalimentaire, et la situation régnant à la fin de la deuxième guerre mondiale. « Cela me rappelle la conférence de Bretton Woods en 1944 lorsque, sous l’ombre grise de la guerre, les dirigeants se sont réunis pour envisager un monde meilleur. Ce fut un moment de courage et de coopération sans précédent », déclare-t-elle dans son discours inaugural des réunions de printemps de la Banque Mondiale.

Plus de 75 ans après, le monde se trouve face à de nouveaux défis. La croissance mondiale ne cesse d’être revue à la baisse depuis le début de l’année. « En janvier, nous avons abaissé notre prévision de croissance mondiale à 4,4 % pour 2022. Depuis lors, les perspectives se sont considérablement détériorées, en grande partie à cause de la guerre et de ses répercussions. L’inflation, le resserrement financier et les confinements fréquents et de grande envergure en Chine, qui causent de nouveaux goulots d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, pèsent également sur l’activité », détaille la directrice du FMI. De nouvelles prévisions de l’économie mondiale en 2022 et 2023 seront publiées la semaine prochaine avec des chiffres dans le rouge. L’impact de la guerre entraine à la baisse de prévision pour 143 économies cette année, ce qui représente 86 % du PIB mondial.

Dans ce tourbillon, l’Afrique, importatrice de produits pétroliers et de produits alimentaires, est particulièrement exposée à une crise alimentaire. L’inflation importée menace le pouvoir d’achat des ménages et réduit la marge de manoeuvre des Etats. Dans l’ensemble, la reprise est divergente entre pays riches et pays pauvres.

Aux yeux de la directrice du FMI, l’urgence est d’arrêter la guerre en Ukraine, lutter contre la pandémie et faire face aux enjeux de l’inflation et de la dette. Dans ce cadre, le maintien de l’accès à la liquidité est particulièrement crucial. « Les prêts du FMI — actuellement supérieurs à 300 milliards de dollars — ont considérablement aidé nos pays membres à cet égard. Tout comme l’allocation de 650 milliards de dollars de DTS l’été dernier. Les pays à faible revenu utilisent jusqu’à 40 % de leurs DTS pour les priorités liées à Covid, comme les vaccins et d’autres dépenses essentielle », précise la directrice du FMI. Pour certains pays, en particulier parmi les 60 % de pays à faible revenu déjà surendettés ou proches du surendettement, une restructuration de la dette sera nécessaire. « Pour aider nombre d’entre eux, le cadre commun du G-20 pour le traitement de la dette doit être amélioré avec des procédures et des délais clairs pour les débiteurs et les créanciers ».

Aux yeux du FMI, la reprise passe par la transition énergétique et la digitalisation. Dans ce cadre, l’institution a créé un nouveau fonds pour la résilience et la durabilité. Lors de la conférence de Bretton Woods en 1944, le secrétaire au Trésor américain Henry Morgenthau avait énoncé un «axiome économique élémentaire » pour aider à guider les fondateurs du FMI : « La prospérité, comme la paix, est indivisible ». Dans le monde aujourd’hui, plus sujet aux chocs, les défis auxquels nous sommes confrontés sont tout aussi indivisibles, ajoute la directrice du FMI. Et de conclure: « Nos efforts pour les résoudre doivent également être indivisibles ».

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