Dans une missive adressée le 25 mars dernier à à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), soit moins de 24 heures après la publication de l’ordonnance de la Cour de Justice de l’Uemoa N°06/2022/CJ demandant le sursis à l’exécution des sanctions de l’UEMOA, la Fédération des associations professionnelles de banques et établissements financiers de (Uemoa), demande une dérogation afin de ne pas provisionner les dettes impayées du Mali dans le bilan des banques.
La présidente de la FAPBEF, Mme Nana Aïssa Ango, estime que les engagements du Mali se chiffrent à 1825,3 milliards de FCFA. Dans ce montant, 90,7 milliards de Franc CFA sont déjà revenus impayés.
En outre, la FAPBEF estime que les titres des autres États de l’UEMOA dans les livres des banques maliennes s’élèvent à 788 milliards de FCFA dont 14 milliards de FCFA d’impayés à la fin février.
Dans sa requête, la FAPBEF demande l’application des mêmes disposions aux prêts syndiqués consentis aux entreprises maliennes.
L’application stricte des règles de provision sur les défauts du Mali va grever les fonds propres des banques et dégrader la qualité de leurs portefeuilles. De l’avis de nombre d’analystes, les défauts successifs du Mali menacent la stabilité du système bancaire de l’Union.
Sous double sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA depuis le 9 janvier 2022 en réaction à la décision de la junte de ne plus respecter le calendrier de la transition fixé d’un commun accord au lendemain du premier coup d’Etat (le 20 août), la junte malienne espérait que la décision de la Cour de Justice de l’UEMOA (organe basé à Bamako) allait lui permettre de se libérer de l’embargo financier.
Mais le verdict de la Cour de l’UEMOA n’avait pas conclu à l’illégalité de la décision de la conférence des Chefs d’Etat (sanctions) mais estimé que lesdites sanctions étaient “gravement préjudiciables” non seulement à l’État malien et aux Maliens eux-mêmes.
