La dynamique sondagiére s’emballe en France. À trois jours du vote, le président sortant Emmanuel Macron et la candidate de l’extrême droite Marine le Pen caracolent en tête avec respectivement 28% et 24% (sondage sondage Odoxa – « l’Obs ») séparés d’un écart à retraiter avec la marge d’erreur du sondage. La dynamique actuelle penche pour Jean Luc Melenchon qui pourrait créer la disruption en épargnant à la France un remake de 2017 avec un duel entre la droite de MC Kensey et l’extrême droite. Qu’est ce qui fait donc le succès de Melenchon ? Est-ce le soin mis dans sa démarcation avec sa famille socialiste, caviardisée et inaudible , et son non alignement ? Dénonçant à la fois la néolibéralisation de la France et la social-démocratie, le candidat des “insoumis” incarne une gauche écologique face à la “folie identitaire” de l’axe Lepen-Zemmour et à l’atlantisme de Macron. Arrivera-t-il à créer la surprise en s’invitant à un second tour joué d’avance ? Quoi qu’il en soit, cette présidentielle accélère le renouveau du champ politique français et, sauf disruption Melenchonienne, sa droitisation. Renvoyés sur les cordes avec respective 8% et 7%, Eric Zemmour et
Valérie Pécresse tenteront de faire prévaloir leurs services dans les rôles de faiseurs de rois. Quant à Emmanuel Macron, favori mais menacé, il se retrouve en position délicate avec une nette désaffection auprès de beaucoup d’électeurs sur la retraite à 65 ans. Vu d’Afrique, l’enjeu des élections françaises porte avant tout sur la politique d’immigration et les binationaux. Selon un sondage IFOP commandité par Jeune Afrique, 36% des électeurs d’origine africaine choisiraient Melenchon contre 27% pour Emmanuel Macron et 9% pour Marine Le Pen. Longtemps diabolisée, la candidate de l’extrême droite veut réinventer les liens avec “les pays francophones d’Afrique, injustement négligés depuis de trop longues années » pour « remplir un rôle moteur dans l’Union francophone » qu’elle dit appeler de ses voeux. Pour sa part Emmanuel Macron compte travailler sur les traumatismes liés à la colonisation et densifier la coopération économique là où compte construire une relation nouvelle avec l’Afrique basée sur la souveraineté des peuples ». Plus abrupt vis-à-vis du continent, Éric Zemmour compte mettre fin à la repentance coloniale et soutenir les États qui maîtrisent les flux migratoires ».
