Le président Russe Valdmir Poutine exige des « pays inamicaux » de payer le gaz russe en roubles. « J’ai pris la décision de mettre en œuvre un ensemble de mesures pour passer au paiement en roubles de notre gaz livré aux pays hostiles». Il s’agit d’un véritable coup de poker de la part du maître de Kremlin qui veut d’une part ne pas se mettre à dos les conséquences juridiques d’une rupture de contrat d’approvisionnement ce même si les experts estiment que changer les conditions de paiement constitue une sérieuse entorse à l’entente entre le fournisseur et ses clients. D’autre part, il s’agit de briser les méfaits de l’embargo des pays européens en obligeant ses adversaires à ouvrir des comptes en roubles dans les banques russes.
Autre objectif visé mais non avoué, l’effet mécanique de la remontée du rouble en décrochage de 30% par rapport au dollar depuis le début de ce que le politiquement correct moscovite appelle « les opérations spéciales en Ukraine ». Jouant le chaud et le froid, Moscou fermerait les yeux sur le décret Poutine si les « clients inamicaux » payaient en devises étrangères à Gazprombank (l’une des rares institutions financières russes à avoir conservé sa messagerie Swift) laquelle convertirait les montants encaissés en roubles sur un deuxième compte, un compte écran, qui payerait le gaz. La Russie empoche l’équivalent de 700 millions de dollars par jour de la vente de 300 millions de mètres cube de gaz à l’Europe. Si l’Europe refuse de céder aux nouvelles exigences de Moscou, c’est 15% de moins pour l’économie russe et un impact de 3% pour l’économie allemande. Reste à savoir qui cédera en premier dans ce poker menteur aux conséquences lourdes.
