Le Fonds monétaire international (FMI) s’est prononcé ce mercredi 30 mars sur l’économie tunisienne, au terme d’une mission effectuée du 23 au 25 mars à Tunis. Une sortie dans laquelle l‘organisation prescrit des recettes pour une relance économique du pays.
Dans son communiqué, le Fonds déclare en effet qu’une « réduction consciencieuse du déficit budgétaire à travers une fiscalité équitable », une « stricte maîtrise de la masse salariale », un « meilleur ciblage des subventions » et une « réforme profonde des entreprises publiques » sont essentiels pour la résorption des déséquilibres macroéconomiques, ainsi que pour améliorer l’efficacité du secteur des entreprises publiques et rétablir la compétitivité de l’économie tunisienne. Des initiatives visant à renforcer la concurrence et le climat des affaires seront également critiques afin de libérer le potentiel de croissance du pays et la création d’emplois, ajoute-t-il.
« La Tunisie fait face à des défis structurels majeurs qui se manifestent à travers des déséquilibres macroéconomiques profonds, une croissance très faible malgré son fort potentiel, un taux de chômage trop élevé, un investissement trop faible, et des inégalités sociales. A ces défis structurels s’ajoutent aujourd’hui l’impact de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine », constate le FMI dans son communiqué.
Un diagnostic qui rejoint celui de Fitch Ratings qui, le 18 mars dernier, a décidé dégrader la notation souveraine de la Tunisie de B- avec perspectives négatives à CCC, s’alignant ainsi sur la notation de Moody’s. Cette décision, selon l’agence de notation, est essentiellement motivée par les risques grandissants relatifs à la liquidité en dinar et en devises en raison du retard accusé par les autorités tunisiennes pour conclure un programme avec le Fonds Monétaire International (FMI).
En rappel, le programme de réformes que le pays négocie avec le FMI vise à combler ces défis. Notamment à créer de l’espace budgétaire afin de financer des projets d’investissement public et d’augmenter l’enveloppe des dépenses sociales.
