En 2021, la hausse des exportations du Maroc a été généralisée à l’ensemble des secteurs, selon les données de Bank Al Maghrib (BAM), l’institut d’émission marocain.
Les ventes de phosphates et dérivés ont ainsi affiché un accroissement de 57,1% à 79,9 milliards de dirhams. <<Cette évolution résulte de l’augmentation de 59,3% des expéditions des engrais naturels et chimiques et de 73,2% de ceux de l’acide phosphorique, suite en particulier à la hausse de leurs prix à l’export de 71,6% et 59,1% respectivement>>, avancent les services de BAM dans leur rapport sur la politique monétaire.
Quant aux exportations du secteur automobile, elles se sont accrues de 15,9% à 83,8 milliards de dirhams, sous l’effet essentiellement d’une progression de 35,2% des ventes du segment de la construction.
De leur côté, les expéditions du secteur textile et cuir ont enregistré une progression de 21,6% à 36,4 milliards, traduisant des accroissements de 24,8% pour les vêtements confectionnés et de 29,5% pour les articles de bonneterie.
S’agissant des ventes du secteur agriculture et agroalimentaire, BAM indique qu’elles se sont améliorées de 9,2% à 68,4 milliards, avec des hausses de 11% pour l’industrie alimentaire et de 7% pour les produits agricoles. Dans le même sens, les exportations du secteur aéronautique ont atteint 15,4 milliards, en augmentation de 21,9%, reflétant des améliorations de 31,6% pour le segment assemblage et de 5,7% pour l’EWIS ((Electrical Wiring Interconnection System ou Système d’interconnexion de câblage électrique).
Sur un autre registre, BAM signale une augmentation de 24,5%des importations <<tirée essentiellement par un accroissement de 29,7% des achats de produits finis de consommation à 123,2 milliards de dirhams>>. L’institut d’émission note que cette évolution reflète notamment des hausses respectives de 46,5% et de 24,9% des acquisitions de voitures de tourisme et de leurs parties et pièces ainsi qu’une augmentation de 68,4% des importations de médicaments et autres produits pharmaceutiques, attribuable essentiellement aux approvisionnements en vaccins anti-Covid-19.
De même, la facture énergétique s’est alourdie de 51,6% à 75,6 milliards, avec des accroissements des achats du gas-oils et fuel-oils de 54,3%, du gaz de pétrole et autres hydrocarbures de 45,9% et des houilles, cokes et combustibles solides similaires de 47,4% %, sous l’effet principalement de la hausse des prix.
Les importations de demi-produits se sont accrues de 23,7% à 115,3 milliards et celles de biens d’équipement de 12,5% à 123,8 milliards. S’agissant des autres groupements, les acquisitions des produits bruts ont affiché une augmentation de 47,2% à 28,6 milliards, tirées par un accroissement de plus que le double des acquisitions de soufres brut et non raffinés, celles des produits alimentaires ont progressé de 8,4% à 59,9 milliards, avec une hausse de 33,2% des approvisionnements en sucre brut ou raffiné.
S’agissant de la balance des services, BAM souligne que son solde excédentaire s’est quasiment stabilisé à 64,2 milliards de dirhams, résultat d’un accroissement de 7,8 milliards des exportations et de 7,6 milliards des importations.
Pour ce qui est des recettes voyages, après une baisse de 53,7% enregistrée en 2020, elles ont affiché un nouveau repli de 6% à 34,3 milliards de dirhams en 2021. En revanche, les dépenses au même titre ont connu une hausse de 1,1% à 10,7 milliards de dirhams.
Poursuivant leur bonne performance, les transferts des Marocains résidents à l’étranger (MRE) ont augmenté de 36,8% pour s’établir à 93,3 milliards.
S’agissant des principales opérations financières, le flux net des IDE a augmenté de 20,5% pour s’établir à 20,2 milliards, résultat d’une hausse de 17% des recettes à 32,2 milliards. Par contre, le flux net des investissements directs des marocains à l’étranger, a régressé de 6,8% à 4,4 milliards, traduisant selon BAM, des progressions de 10,5 milliards des cessions et de 10,2 milliards des investissements.
<<A fin 2021, note BAM, l’encours des avoirs officiels de réserves a atteint 330,8 milliards de dirhams, représentant ainsi l’équivalent de 6 mois et 10 jours d’importations de biens et services.>>
Selon toujours l’institut d’émission marocain, les données relatives au mois de janvier 2022 laissent constater un creusement du déficit commercial de 8,7 milliards, reflétant une augmentation notable de 39,5% des importations, plus importante que celle de 23% des exportations. Le taux de couverture est revenu ainsi de 68,3% à 60,2%.
<<Le fort accroissement des importations est lié particulièrement à la flambée des cours de plusieurs produits notamment ceux alimentaires et énergétiques>>, avance BAM Les acquisitions des produits alimentaires ont augmenté de 56,3%, intégrant des hausses des quantités de blé et d’orge de 138,6% et 144,9% à des prix en accroissement de 21,3% et de 40,3% respectivement. De même, la facture énergétique s’est alourdie de 67% reflétant des progressions de 85% pour le gas-oils et fuel-oils et de 49,6% pour le gaz de pétrole et autres hydrocarbures suite à la hausse de leurs prix à l’import de 60,4% et 83,3% successivement.
L’augmentation des exportations est tirée principalement par la hausse de 4,3 milliards des ventes des phosphates et dérivés reflétant des hausses notables des prix à l’export. De même, les expéditions de l’agriculture et l’agroalimentaire ont enregistré une hausse de 8,4% suite à l’accroissement de 36,2% des ventes de l’industrie alimentaire. En revanche, les exportations su secteur automobile ont connu un repli de 11,5% suite aux contreperformances des branches Câblage et Intérieur véhicules et sièges. Les ventes de la construction automobile ayant en revanche progressé de 13%.
Pour leur part, impactées par la fermeture des frontières, les recettes voyages se sont inscrites en baisse de 58,6%, et les transferts des Marocain résidents à l’étranger, après avoir atteint des niveaux très élevés, ont enregistré un recul de 9,7%, le premier depuis mars 2020. Au niveau des autres rubriques de la balance des paiements, le flux net des investissements direct étrangers s’est situé à 710 millions de dirhams, en augmentation de 14,9% et celui des investissements des marocains à l’étranger s’est élevé à 332 millions soit un repli de 77,6%.
<<A fin janvier 2022, note BAM, l’encours des avoirs officiels de réserves a atteint 331,1 milliards de dirhams, représentant ainsi l’équivalent de 6 mois et 11 jours d’importations de biens et services.>>
