Face au spectre des pénuries de pétrole qui pointent à l’horizon, le ministère mauritanien du pétrole et la Commission Nationale des Hydrocarbures (CNH) font désormais la cour à Addax et au coréen SK B&T.
Le premier a obtenu un contrat d’approvisionnement en mode gré à gré pour une durée de 6 mois alors qu’ au mois de janvier, il était classé premier suite à un appel d’offres international lancé par la Commission Nationale des Hydrocarbures (CNH). Contre toute surprise, cet appel d’offres avait été déclaré infructueux le 24 février par Abdessalam Ould Mohamed Salah (photo) Ministre du Pétrole, des Mines et de l’Energie. Une erreur stratégique? C’est l’avis de beaucoup d’observateurs qui estiment que les conditions du marché pétrolier étaient beaucoup plus favorables au début de l’année.
Entre le moment de l’annulation de l’appel d’offres pour l’approvisionnement du pays à partir du 15 avril et la date de signature du gré à gré à la fin mars, le prix pétrole est passé du simple au double. La Mauritanie va devoir se saigner à blanc pour acheter 500 mille tonnes de fioul.
Pour sa part, le coréen SK B&T, a ravi le bunkering, sans déployer d’efforts vu que c’est la partie mauritanienne qui lui faisait la cour. Selon nos informations, aucun des acteurs importants du bunkering n’a voulu prendre de risques sur le marché mauritanien connu pour la vétusté de ses installations et nécessitant constamment un bateau en appoint. Est-ce à dire que l’Etat va là aussi devoir éponger la grosse ardoise fiscale que lui devait coréen SK B&T.
En tout cas, en ce qui concerne Addax, la puissance publique, la Société nationale industrielle et minière (SNIM) et la Société mauritanienne d’électricité (Somelec) vont renoncer aux cautions et dédommagements (35 millions au bas mot) pour signer avec Addax à des conditions qu’il reste à élucider. Désormais en position de force face à un ministère du pétrole qui n’avait pas prévu le conflit russo-ukrainien et à une Commission Nationale des Hydrocarbures (CNH) aux appels d’offres infructueux, les traders ont tout le loisir de dicter leur désidératas. Ils seront toujours moins cher que le marché spot. Morale de l’histoire, qui fait des erreurs dans le pétrole paie cash.
