Sévèrement pointé du doigt par Greenpeace France et Les Amis de la Terre France, qui le menacent de poursuites judiciaires, sur le fondement de la loi française relative au devoir de vigilance des multinationales, TotalEnergies a finalement emboîté le pas à BP, Shell et ExxonMobil en annonçant mardi l’arrêt de tout achat des produits pétroliers russes.
Premier bémol, la décision ne sera effective qu’ au plus tard à la fin 2022.Deuxième bémol, Total conserve ses actifs gaziers jugés stratégiques. À noter que l’Union Europe n’a pas imposé d’embargo sur le pétrole russe sans doute du fait de sa forte exposition à ce pays.
Concrètement, le groupe cherchera des approvisionnements alternatifs, notamment via des importations par la Pologne, pour sa raffinerie de Leuna située dans l’Est de l’Allemagne. Le diesel sera importé d’ailleurs, en particulier de sa raffinerie de Satorp en Arabie Saoudite (détenue avec Saudi Aramco).
Le 7 mars, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, avait déjà assuré que «les traders des activités de marché du groupe ne prenaient plus de pétrole russe depuis le début de la crise ».
La Russie représentait 24 % des réserves prouvées de TotalEnergies et 17 % de sa production combinée de pétrole et de gaz en 2020, selon le dernier document de référence du groupe, qui détient notamment une participation de 19,4 % au capital du producteur de gaz russe Novatek, dont certains dirigeants et actionnaires sont réputés proches du Kremlin et ciblés par des sanctions occidentales.
