Moody’s a décidé de placer la note de Baa1 accordée à la Banque Ouest africaine de développement (BOAD) en révision en vue d’une dégradation. La décision de l’agence de notation repose sur la pression sur la qualité des actifs de la banque en raison de son incapacité à recouvrer les paiements des emprunts accordés au Mali, ainsi qu’aux emprunteurs y étant basés.
Cette décision prise le 18 mars 2022 fait suite aux sanctions imposées au Mali par les institutions principales régionales ouest-africaines dont il est membre. En janvier dernier, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont pris des sanctions contre la junte militaire décidée à prolonger la transition engagée en août 2020.
« Plus les sanctions et l’instabilité politique persisteront, plus la solvabilité des emprunteurs basés au Mali sera faible. Avant l’imposition des sanctions, la BOAD avait contracté un nouveau prêt non performant en 2021, qui provenait d’une entreprise du secteur privé au Mali », note le communiqué de Moody’s.
S’y ajoute le coup d’Etat militaire orchestré au Burkina Faso qui représente également un risque à la baisse pour la performance des actifs de l’institution régionale basée à Lomé.
L’agence indique que la période sous revue lui permettra d’évaluer dans quelle mesure la qualité des actifs s’affaiblira en raison des sanctions prolongées contre le Mali et d’un environnement opérationnel de plus en plus difficile, mais aussi de l’efficacité de la réponse politique potentielle de l’UEMOA pour soutenir la situation de capital de la BOAD.
