La descente aux enfers se poursuit pour l’économie tunisienne dont la note est désormais classée dans les catégories hautement spéculatives des agences de notation, en dessous de celles du Mali, du Bélarus et de la plupart des notes des pays africains. Qui plus est, Tunis qui fait face à une inflation de 8% n’a plus d’accès à la finance internationale.
Le pays du jasmin a vu sa signature à long terme délivrée par Fitch Ratings passer de B- avec perspectives négatives à CCC.
La note rendue publique le 18 mars 2022 est motivée par l’absence d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Les syndicats s’opposent aux réformes fiscales requises avant tout décaissement d’un montant pouvant aller jusqu’à 4 milliards de dollars.
L’agence a indiqué, dans son communiqué, publié vendredi, que l’abaissement de la note tunisienne reflète « des risques de liquidité budgétaire et externe accrus dans le contexte de nouveaux retards dans l’accord sur un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI), après les changements politiques de juillet 2021, qui reste nécessaire pour accéder à la plupart des créanciers officiels « .
La Tunisie post révolutionnaire offre un parfait contraste sur le plan de la notation financière avec la Tunisie du président Ben Ali, premier dirigeant arabe à quitter le pouvoir lors des émeutes sociales appelées “printemps arabe”. Au moment de la chute du régime autocratique, la Tunisie était notée BBB- dans la catégorie Investment grade. Dix ans plus tard, Tunis rangée dans la catégorie hautement spéculative présente un budget absorbé
à 70 % par la masse salariale et le service de la dette. La dette par rapport au PIB atteindra 84,0% en 2022 et 84,7% en 2023, relève Fitch Ratings.
Le pays devrait tenir un référendum constitutionnel en juillet 2022 et des élections législatives en décembre 2022.




