Alors que les sanctions internationales prononcées à l’égard de la Russie se durcissent, le géant américain du droit Baker McKenzie a décidé de quitter la Russie. McKenzie suit ainsi le mouvement de départ de nombreuses entreprises qui ont décidé de suspendre leurs activités en Russie en réponse à l’évasion de Ukraine.
Sur les raisons de son départ, l’entreprise basée à Chicago dit condamner fermement l’invasion russe de l’Ukraine, qui serait en porte à faux avec les valeurs du cabinet et de ses clients. « Nous n’agirons pas pour des individus ou des entités contrôlés par, ou directement liés à l’État russe et/ou le régime actuel, où que ce soit dans le monde. Nous restons pleinement concentrés sur la sécurité de nos collègues en Ukraine et dans la région au sens large », indique un communiqué de McKenzie publié le 15 mars 2022.
Le plus grand cabinet d’avocats américain a conseillé des entreprises russes sanctionnées, notamment au moins six sociétés sanctionnées contrôlées par le gouvernement russe, selon une enquête de Pandora Papers. Baker McKenzie est le premier cabinet d’avocats occidental à être accrédité pour ouvrir à Moscou.
Dans un e-mail adressé au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) ce mardi, le porte-parole de Baker McKenzie, John McGuinness, a déclaré que « Baker McKenzie n’aura plus de présence en Russie», et que « les bureaux et les personnes seront transférés à une société indépendante. »
A noter que la décision de McKenzie concerne quelque 130 avocats et 260 employés au total. Le retrait met ainsi fin à 33 ans d’activité dans le pays. Le groupe compte 4.700 avocats dans 46 pays et un chiffre d’affaires annuel de 3,1 milliards de dollars.
Selon les chiffres annoncés par la presse internationale, au moins 25 grands cabinets d’avocats ont quitté la Russie depuis le début des hostilités.
