A peine ouvert le 13 mars à Doha, au Qatar, que s’est refermé illico presto, le pré-dialogue entre le pouvoir et les groupes politico-militaires devant déboucher sur le dialogue national inclusif prévu en mai prochain. Un dialogue civilo-militaire censé ramener définitivement la paix au Tchad, alors que ce pays fait face à de multiples groupes armés ayant provoqué la mort du président Idriss Déby Itno, justement tombé au front le 20 avril 2021.
Officiellement, la suspension des travaux pour 72 heures serait l’initiative des facilitateurs qataris afin de permettre aux groupes armés de se concerter. Plusieurs d’entre eux en provenance de divers pays étant arrivés seulement la veille de l’ouverture des travaux, ce qui ne leur aurait pas permis d’échanger sur ce processus.
En effet, certains groupes rebelles soupçonnent le pouvoir de vouloir les tendre un guet-apens, en témoigne « la création des groupes factices à la solde du gouvernement ». Ils semblent avoir opté pour la reculade d’où la décision de claquer la porte des négociations « le temps de réunir les conditions nécessaires pour un dialogue franc et inclusif permettant de discuter en toute sérénité ».
Les groupes militaires accusent également le pouvoir de ne les avoir pas associés à l’élaboration de l’ordre du jour de ce pré-dialogue. Une attitude qui laisse planer « une certaine chape de plomb qui entoure, qui nous échappe totalement », affirment-ils. Par ailleurs, ceux-ci exigent que « le Qatar nous confirme sa position de médiateur. Si ce n’est pas le cas, nous ne pouvons pas retourner et nous retrouver autour de la table avec le gouvernement tchadien, face à face, sans médiateur ».
Selon des informations, cette méfiance pourrait carrément « tuer dans l’œuf » ce premier round de négociations, « à moins que le Qatar qui exerce une emprise sur certains chefs rebelles n’use de tout son poids pour les convaincre à revenir sur la table de négociations », précise-t-on.
A l’ouverture des travaux, le premier ministre tchadien Albert Pahimi Padacké a émis le vœu que ce rendez-vous de Doha « serve à mettre définitivement fin à la guerre au Tchad ». Autrement dit, « la réconciliation et l’esprit de réconciliation doivent l’emporter sur la revanche et la colère. Pour se réconcilier, on ne vient pas avec un couteau qui tranche, mais avec une aiguille qui coud. Armons-nous donc chacun d’une aiguille pour coudre nos déchirures », a-t-il plaidé.
Toutefois, la seconde proposition acceptée selon laquelle chaque camp s’entende pour désigner une dizaine de représentants pour cadrer la discussion constitue déjà un point positif qui permet de garder l’espoir sur la suite des négociations.
