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Guinée : les têtes d’Ali Saade et Ibrahim Taher mises à prix par la justice américaine

Accusés par le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département américain du Trésor de tisser la toile des réseaux financiers du Hezbollah libanais en Afrique de l’ouest, les deux hommes d’affaires d’origine libanaise sont dans le viseur du trésor américain. La justice américaine les traque pour leurs liens étroits supposés avec le mouvement…

Accusés par le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département américain du Trésor de tisser la toile des réseaux financiers du Hezbollah libanais en Afrique de l’ouest, les deux hommes d’affaires d’origine libanaise sont dans le viseur du trésor américain. La justice américaine les traque pour leurs liens étroits supposés avec le mouvement chiite et pour leur « participation » au financement de l’organisation. Après le gel de leurs actifs sur le sol américain, leurs têtes ont été mises à prix (10 millions de dollars) par Washington pour toute information sur eux ou sur les réseaux financiers du Hezbollah. La justice guinéenne a ouvert une information judiciaire contre les deux hommes qui réfutent les accusations portées à leur encontre.

Répertorié comme une organisation terroriste par les États-Unis, le Hezbollah fait l’objet d’un suivi financier particulier par les autorités américaines afin de tracer et remonter ses sources de financement. L’OFAC annonce avoir traqué et identifié des flux financiers entre ces deux opérateurs économiques basés en Guinée et le mouvement chiite armé libanais. Le Trésor américain a ainsi décidé d’alerter les autorités guinéennes et appeler à leur coopération.

« L’activité financière illicite des personnes désignées concerne non seulement son soutien au Hezbollah, mais sape également le secteur commercial légitime et l’État de droit dans les pays où de telles activités financières ont lieu », a déclaré le sous-secrétaire américain du Trésor pour le terrorisme et le renseignement financier, Brian Nelson.

Complicités présumées d’agents guinéens « corrompus »

L’OFAC révèle qu’Ali Saade et Ibrahim Taher ont des liens directs avec le Hezbollah. « Saade initie les transferts d’argent de la Guinée vers le Hezbollah, transférant les fonds par l’intermédiaire des représentants du Hezbollah en Guinée et au Liban. Taher a été identifié comme l’un des principaux soutiens financiers du Hezbollah en Guinée. On pense qu’il emploie un certain nombre de personnes affiliées au Hezbollah dans le pays », soutiennent les enquêteurs du département du trésor américain.

Saade et Taher sont accusés par les américains d’avoir matériellement aidé, parrainé ou fourni un soutien financier, matériel ou technologique, des biens, services en soutien au Hezbollah. Selon les conclusions du département du trésor américain, le premier entretient des relations étroites avec le partisan désigné du Hezbollah Kassem Tajideen que l’OFAC a désigné en 2009 comme étant un contributeur financier important du Hezbollah. « Au moment de sa désignation, Tajideen avait versé des dizaines de millions de dollars au Hezbollah et dirigeait des sociétés de couverture (écrans) du Hezbollah en Afrique avec ses frères », indiquent ses accusateurs.

L’OFAC révèle par ailleurs que Saade était le principal contact politique de Tajideen en Guinée. Il aurait déployé des efforts considérables pour fournir à Tajideen un accès illimité aux membres « corrompus » de l’ancienne administration guinéenne aux plus hauts niveaux et au reste du gouvernement guinéen. Saade aurait également conseillé Tajideen sur les méthodes de transfert financier pour échapper à la détection par les régulateurs.

Le trésor américain affirme que Taher et un de ses associés ont envoyé des dollars américains collectés dans l’une de leurs installations commerciales à l’aéroport de Conakry et aurait soudoyé des douaniers guinéens pour faire passer ces devises dans les bagages. Taher aurait également utilisé son statut de consul honoraire du Liban en Côte d’Ivoire pour voyager à l’intérieur et à l’extérieur de la Guinée avec un minimum de contrôle.

Implication des sanctions

« Tous les biens et intérêts déductibles des biens des personnes incriminées et de toutes les entités qui leur appartiennent, directement ou indirectement, à 50 % ou plus, individuellement ou détenus par des tiers, qui se trouvent aux États-Unis, sous le contrôle de citoyens américains, doivent être bloqués et signalés à l’OFAC », a averti le département d’État américain,précisant au passage que, s’engager dans certaines transactions avec les personnes incriminées exposerait à des sanctions.

Les autorités américaines soutiennent qu’en plus d’autres sources de financement (réseau mondial de financiers, de partisans, de donateurs et de facilitateurs), le Hezbollah génère des revenus à partir d’activités commerciales en s’appuyant sur des pots-de-vin et d’autres activités de corruption en Afrique de l’ouest et à travers le monde pour « parrainer des actes de terrorisme ».

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