Alors que le monde vit des instants troubles, et que certains, individuellement et collectivement, espèrent trouver un second souffle économique après ces deux années de pandémie, d’autres n’hésitent plus à dessiner une voie dédiée à une réinvention des concepts. Nathalie Daouda, auteur de l’ouvrage “ le capitalisme responsable” et consultante business nous dévoile une feuille de route.
Plus une réalité qu’un concept, celui du ruissellement lié à la création de valeurs ajoutée n’a jamais fait autant débat à l’heure où les écarts entre riches et pauvres se creusent. Pour cela, il faudrait non pas mettre fin à cette philosophie mais plutôt tenter de l’appliquer et à grande échelle. En clair : faire en sorte que ce concept vague devienne une réalité persistante. En effet, dans l’imaginaire populaire, capitalisme et responsabilité sont deux concepts non associables de prime abord. Mais le risque d’implosion de nos sociétés et des structures économiques impose une nouvelle orientation.
« On a tendance à opposer l’efficacité et l’inclusion, j’ai trouvé un moyen de réunir les deux. Ce n’est pas une utopie ou une amnésie », explique Nathalie Daouda, auteur et entrepreneure dans le domaine du conseil en stratégies de développement pour les entreprises. Elle estime avoir réussi de jolis coups à ce sujet permettant à beaucoup d’entreprises de réaliser un chiffre d’affaires conséquent ces vingt dernières années.
La place de l’humain dans les écosystèmes
Selon plusieurs spécialistes, l’entrepreneuriat est devenu un des moteurs du développement humain. En Afrique, les politiques publiques ne manquent pas de l’encourager à travers différentes initiatives comme la récente loi sur le Start-Up Act au Sénégal. Si l’implémentation de structures est une bonne nouvelle dans le monde, il faut cependant aussi mettre l’accent sur le capital humain. La bonne utilisation du capital humain et de ses potentialités est la clé du succès dans un monde qui évolue toujours plus vite.
« Les nouvelles alternatives économiques imposent des modes plus collaboratifs dans le management et la gestion des talents au sein des entreprises », insiste-t-elle. Et les faits semblent lui donner raison. Aux Etats-Unis, un mouvement sans précédent de démissions en cascade s’est récemment produit. En France, plusieurs métiers font face à une pénurie de main d’œuvre. Et sur le continent africain, bien qu’on y explique régulièrement que le chômage est élevé – beaucoup de travailleurs n’hésitent pas non plus à claquer brutalement la porte de leur entreprise. Aux Etats-Unis, ce sont près de 4,5 millions de travailleurs américains qui ont démissionné de leur poste. Cependant, plusieurs pistes existent pour endiguer le fléau. En Afrique, il n’est pas rare de donner des parts de l’entreprise aux salariés, de créer des structures décisionnelles internes pour valoriser le leadership de chaque salarié. Dans le reste du monde, l’intrapreneuriat peut souvent être une solution afin de maintenir un intérêt des salariés pour l’entreprise. Car il s’agit d’une prérogative vitale pour l’accélération d’une croissance commune et partagée au sein des entreprises.



