Les chantiers d’intégration sous-régionale vont se poursuivre conformément à leur chronogramme suite à l’adoption du budget de la Commission de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale). Réuni en session extraordinaire le 28 février 2022 à Yaoundé, le conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC) a arrêté le budget en ressources et en charges à 94 milliards de FCFA (160 millions de dollars), soit un accroissement de 5,59% par rapport au précédent exercice.
Une hausse qui s’explique notamment par la prise en compte des indemnités de fin de mandat de différents responsables des institutions communautaires et par la prévision de l’apurement de la dette due à l’Union européenne (UE) d’un montant de 1, 3 milliards de FCFA (2 millions de dollars).
L’adoption de ce budget intervient dans un contexte socioéconomique difficile, les perspectives macroéconomiques de la CEMAC en 2022 restant tributaires de la persistance de la crise sanitaire engendrée par la pandémie de Covid-19. Une crise sanitaire qui a entrainé la récession en 2020 avec un taux de croissance de -1,7% contre +2,1% en 2019.
Toutefois, à travers les mesures de relance dont les résolutions prises par les chefs d’Etat de la CEMAC lors de leur sommet extraordinaire le 18 août 2021 constituent la lettre de cadrage, l’Afrique centrale enregistrerait une reprise économique post-Covid avec un taux de croissance qui pourrait atteindre 1,3% en 2021 et 2,7% en 2022.
Selon le président de la Commission de la CEMAC, Daniel Ona Ondo, les principaux enjeux communautaires ont également été pris en compte, entre autres, la transformation structurelle des économies de la sous-région, la diversification des moyens de production pour se départir de la dépendance des ressources pétrolières, une meilleure intégration des chaînes de valeur, tirer profit des potentialités de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), un environnement sécurisé gage d’une communauté de paix et stabilité sociale ».
Ainsi, l’accent sera mis sur le renforcement du recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), principale source de financement de la communauté estimée à 65 milliards de FCFA (111 millions de dollars) dont 29 milliards de FCFA (50 millions de dollars) au titre des arriérés en dépit de son potentiel évalué à 97 milliards de FCFA (166 millions de dollars) sur la base du volume attendu des importations dans la zone CEMAC.
Par ailleurs, en vue de permettre un fonctionnement optimum des institutions communautaires, le conseil de l’UEAC a prescrit une mobilisation plus accrue des financements extérieurs, une amélioration du recouvrement des recettes et une réduction des charges de fonctionnement.
