Début février, le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Aly Touré, avait ouvert une information judiciaire dans l’affaire « Nabayagate » du nom de l’ancienne de l’Enseignement technique, Zenab Nabaya Dramé, pour les faits de détournement des deniers publics et blanchiment d’argent portant sur 131,9 milliards GNF (environ 15 millions USD) à plusieurs niveaux de responsabilité dans l’administration publique.
Le procureur avait également cité l’ancienne directrice des Affaires administratives et financières du ministère de l’Enseignement technique Éméline Foula Mansaré ; Ismael Dioubaté, ancien ministre du Budget et Tibou Kamara, ancien ministre conseiller à la présidence, pour des faits de complicité de blanchiment et de détournement des deniers publics. Ce mardi 22 février, la procédure portant sur les accusations de détournement, blanchiment de capitaux, corruption et complicité a pris un coup d’accélérateur.
En effet, les prévenus ont comparu devant la chambre de l’instruction où ils ont été entendus avant d’être inculpés, selon une annonce de la CRIEF. Ismaël Dioubaté et Évelyne Mansaré ont été placés sous mandat de dépôt et déférés immédiatement à la maison Centrale de Conakry tandis que l’ancien conseiller spécial d’Alpha Condé, Tibou Camara, accusé de « complicité de blanchiment et de détournement des deniers publics », a été inculpé et placé sous contrôle judiciaire.
La principale accusée dans cette affaire, Zenab Dramé est en cavale à l’étranger, puisque le Putsch militaire du 5 septembre dernier, est intervenu alors qu’elle se trouvait en dehors du pays. Malgré le retour au bercail par la suite de certains ministres du régime déchu, comme Bantama Sow, l’ancien ministre des sports, elle n’a pas daigné retourner au pays. La CRIEF n’aura peut-être pas le choix que de décerner un mandat d’arrêt international contre elle.
