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Guinée : Cellou Dalein Diallo invité à libérer son domicile

Dans le cadre de l’opération de récupération des biens de l’État « bradés » selon le Conseil national du rassemblement pour le développement (CNRD), par les régimes précédents, la direction du patrimoine bâti de l’État a sommé le ténor de l’opposition guinéenne de quitter son domicile actuel à Conakry, situé dans la commune de Dixinn. Invité à…

Dans le cadre de l’opération de récupération des biens de l’État « bradés » selon le Conseil national du rassemblement pour le développement (CNRD), par les régimes précédents, la direction du patrimoine bâti de l’État a sommé le ténor de l’opposition guinéenne de quitter son domicile actuel à Conakry, situé dans la commune de Dixinn.

Invité à libérer son domicile avant le 28 février 2022 à minuit, Cellou Dalein Diallo est sorti de sa réserve. Notifié par courrier de la direction du patrimoine bâti public le 15 février dernier, le chef de l’opposition guinéenne, président de l’UFDG, qui est également sous le coup d’une information judiciaire sur l’affaire de la « vente d’Air Guinée » ne voit pas les choses de la même manière.

« J’ai écrit au patrimoine bâti pour lui dire que c’est une erreur de sa part. Jusqu’à preuve de contraire, je n’occupe pas un bâtiment de l’Etat. J’occupe un bâtiment que j’ai acheté et dont le patrimoine bâti lui-même a encaissé l’argent puis a délivré une quittance sur la base d’un décret du président Conté… Que ça soit pour Air Guinée ou pour mon bâtiment, on se demande s’il n’y a pas des mains noires qui veulent que le CNRD exclue des leaders politiques pour la course aux élections. Mais nous n’accepterons pas des choses qui n’existent nulle part », a-t-il réagi au cours d’une conférence de presse tenue à son siège ce jeudi 17 février.

Même son de cloche chez Sidya Touré, considéré comme le numéro 2 de l’opposition qui a, selon nos informations, reçu la même notification et le même ultimatum de quitter son domicile. Cellou Dalein Diallo a laissé entendre que les dossiers sur Air Guinée et sur les conditions d’acquisition du domaine sur lequel il habite tendent à salir sa réputation qu’il attend défendre. « J’ai signé bien sûr pour la vente d’Air Guinée, mais j’ai vérifié que les prix étaient bons pour la Guinée. Mais l’opération de liquidation d’Air Guinée s’est passée au ministère des Finances et c’est lui qui a fixé les prix », s’est-il défendu tout se disant disposé à laver son honneur devant la justice.

Le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, un ancien cadre de l’UFDG devenu depuis ministre de l’Habitat du CNRD a pour sa part, dans une sortie à la télévision nationale jeudi soir, appelé à ne pas personnaliser le débat sur la question, en rappelant qu’au-delà de ces deux personnalités politiques, la récupération des biens de l’État concerne plus de 80 personnes et familles, mais aussi des institutions internationales.

« Il faut faire la différence entre l’occupation d’un bien public ou privé et le fait de revendiquer la propriété. Il y a des domaines publics qui sont occupés depuis de nombreuses années par des particuliers et des entreprises. Sont-ils propriétaires pour autant ? S’ils ont des papiers qui le prouvent, est-ce que l’élaboration des documents a obéi à toutes les procédures ? C’est ce qui va être fait de façon minutieuse. Nous ne préjugeons pas, parce que c’est clair que nous sommes devant deux situations : il y a la situation de la légalité et il y a la situation de l’éthique », a-t-il répondu.

Laissant comprendre que le fait que les deux anciens Premiers Ministre, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, n’avaient pas la « légitimité » d’acquérir ces domaines en étant au sein de l’exécutif, mais précisant toutefois, en substance, que les choses seront examinées au cas par cas et qu’il ne s’agit pas de règlement de compte, ni de volonté d’exclure un leader politique quelconque.

Cette opération grandeur nature engagée par le CNRD entre, selon les nouvelles autorités, dans le cadre de la mise à jour du fichier de recensement des immeubles bâtis de l’Etat. Avec une estimation de près de 3.000 bâtiments en 1992, l’État peinerait à loger 28 ministres, selon le porte-parole du gouvernement de transition.

S’achemine t-on vers un clash entre le CNRD et les ténors de l’opposition qui jusque-là ont apporté un soutien sans faille aux militaires depuis le 5 septembre dernier ? Ou les deux parties arriveront-elles à accorder leurs violons ? Le ministre secrétaire général de la présidence, le colonel Amara Camara, un des proches du colonel Mamadi Doumbouya a déclaré qu’il n’ y aura jamais de compromis sur la question.

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