Le degré de vulnérabilité des entreprises marocaines est resté relativement stable sur la période 2006-2019, selon les résultats d’un document de travail de la Bank Al Maghrib, la Banque Centrale Marocaine réalisé en décembre 2021.
Ce document intitule << Analyse de la vulnérabilité du tissu productif marocain>> a été réalisé par Feu Sara Benazzi, Hicham Bennouna et Tomasz Chmielewski, respectivement Economiste Chercheur à Bank Al-Maghrib et cadre au Département de la Recherche Economique, Narodowy Bank Polski.
Dans leur travail de recherche, les auteurs analysent la vulnérabilité des entreprises non financières privées au Maroc. Ils proposent un indice agrégé de vulnérabilité qui se base sur le concept de la Dette-à-Risque. Le degré de vulnérabilité est appréhendé à travers quatre critères : la solvabilité, la liquidité, la rentabilité et la capacité de service de la dette. L’étude a mobilisé un panel non cylindré de 306 346 entreprises non financières privées ayant déclaré leurs états comptables entre 2006 et 2019, soit près de 1 218 011 bilans au total et 86 000 entreprises en moyenne par an.
<< Il ressort de ce travail que la vulnérabilité des entreprises marocaines est restée relativement stable durant la période étudiée quoiqu’elle ait enregistré une légère hausse à partir de 2014 en lien avec l’atonie de la croissance économique>>, ont souligné les auteurs.
Ils ajoutent que le degré de vulnérabilité dépend des caractéristiques individuelles des entreprises (taille, âge, secteur d’activité et région). Les jeunes entreprises et les TPME sont relativement plus vulnérables que les vieilles et les grandes entreprises. <<Ces résultats sont globalement en ligne avec ceux obtenus dans le cadre de travaux similaires menés par plusieurs banques centrales et institutions internationales pour des pays émergents et en développement>>, signalent les auteurs.
Ils estiment par ailleurs que leur étude permet ainsi d’établir un diagnostic du tissu productif marocain qui peut servir pour mieux orienter les décisions des pouvoirs publics et assurer un monitoring régulier des programmes en faveur des entreprises. A leurs yeux, les impacts économiques de la crise sanitaire actuelle ainsi que les mesures adoptées par les gouvernements et les banques centrales pour aider les entreprises à surmonter cette conjoncture et amorcer une reprise graduelle illustrent bien l’utilité d’un tel exercice. <<Au-delà des avantages que peut apporter ce dispositif, notent les auteurs de l’étude, il est important de souligner que la vulnérabilité est un concept multidimensionnel qui devrait s’inscrire aussi dans une démarche prospective « forward looking ».
Ainsi, ils sont d’avis que leur travail peut aussi être amélioré à travers la prise en compte d’autres indicateurs qualitatifs et quantitatifs relatifs à la gouvernance de l’entreprise, à sa stratégie à moyen et long terme et aux perspectives futures du secteur dans lequel opère l’entreprise.
Le travail pourrait aussi être amélioré, selon eux, en capitalisant sur les avancées réalisées par l’Observatoire Marocain de la TPME qui a mis en place en 2020 un dispositif informationnel unifié sur les entreprises marocaines à partir des données provenant de plusieurs institutions publiques.
