Exclusif. Engagé dans un bras de fer judiciaire avec l’Etat de Côte d’Ivoire, l’homme d’affaires Oumar Diawara a déposé aujourd’hui à Dakar (Sénégal), un acte de saisie-attribution des comptes de l’Etat de Côte d’Ivoire à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). L’acte vise le compte de balance de l’Etat de Côte d’Ivoire domicilié à la banque centrale ouest africaine. Deux huissiers ont déposé les actes à la BCEAO.
La requête se fonde sur un jugement rendu en octobre 2021 par la Cour commune de Justice de la CEDEAO et condamnant l’Etat ivoirien à débourser 1,25 milliard de francs CFA au titre de dommages et intérêts à l’homme d’affaires congolo-malien dans le dossier BNI Gestion.
Loin de se plier à la sentence de la cour régionale, en principe au dessus des juridictions nationales, l’Etat de Côte d’Ivoire a ouvert un dossier au pénal interdisant de facto à Oumar Diawara de fouler le sol ivoirien. En effet, au terme d’une audience tenue en l’absence de l’accusé, le 2 décembre 2021, le Tribunal correctionnel d’Abidjan a condamné Oumar Diawara à 20 ans de prison ferme, 50 milliards FCFA d’amende, 25 milliards FCFA de dommages et intérêts à payer à l’État de Côte d’Ivoire, en sus de la confiscation de ses biens et de l’interdiction de séjour sur le territoire ivoirien.
Depuis, l’on assiste à un véritable feuilleton de tentative de saisie conservatoire des aéronefs de Air Côte d’Ivoire, compagnie invitée dans l’affaire à cause de son capital détenu à 57% par l’Etat.
Notons que Oumar Diawara aurait assigné l’Etat ivoirien à nouveau devant la Cour de la CEDEAO laquelle lui donne jusqu’au 13 février pour apporter sa réponse en réparation des violations estimées à 30 milliards de FCFA. Financial Afrik s’est renseigné au greffe de la Cour Commune de la CEDEAO et a eu la confirmation qu’un dossier portant la mention Oumar Diawara -État de Côte d’Ivoire a été bel et bien enregistré le 13 janvier.
Pendant ce temps, l’ancienne directrice de BNI Gestion, Fatoumata Sakandé-Cissé, interpellée et placée en détention au tout début de l’affaire avant d’être libérée contre une caution de 100 millions de FCFA, a obtenu de la cour d’appel l’annulation de son ordonnance de renvoi devant un juge correctionnel. La cour d’appel a annulé cette ordonnance, ce qui fait qu’en tant qu’auteur, elle n’est plus poursuivie au motif que son instruction est mal faite, précise une source proche du dossier.
Dans le même temps, Oumar Diawara qui mène une bataille sur tous les fronts déclare avoir obtenu du tribunal français d’assigner l’Etat ivoirien au 14 septembre pour un exequatur. Renseignement pris, un dossier portant la même nomenclature a été bel et bien enregistré le 17 janvier 2022 au greffe du tribunal judiciaire de Paris.
