A la veille de sa retraite stratégique prévue ce mercredi à Mombassa, le conseil d’administration de Shelter Afrique a été saisi par une motion de censure visant le directeur général de l’institution. Signée par 7 membres du comité exécutif, la motion datée du 31 janvier 2022 liste les nombreux manquements du directeur général Andrew Chimphondah et appelle ouvertement à son remplacement et a des mesures correctives pour sortir Shelter Afrique de sa crise de gouvernance largement documentée dans ces colonnes.
La motion qui passe en revue divers manquements du DG lui reproche aussi sa manie à annoncer aux médias des réalisations qui ne sont pas encore effectives et des projets non validés par le conseil d’administration. C’est le cas de l’ouverture du bureau de Hararé tout juste sorti du chapeau du DG. C’est également le cas de l’émission des obligations en nairas cotées sur le marché financier nigérian. Un marronnier servi par le DG aux médias via certaines officines de communication.
La motion s’étonne par ailleurs qu’un directeur général payé à raison de 30 000 dollars chaque mois (bien plus que le président Obama) ait besoin de prendre fréquemment des avances mensuelles de 14 000 dollars. Poussant le bouchon, les auteurs de la motion reprochent au patron de Shelter ses nombreux voyages qui correspondent à autant de décaissement au titre de perdiems sans que cela ne corresponde à des résultats tangibles.
Déjà pointé du doigt par le rapport PKF aux conclusions accablantes, le DG de Shelter Afrique arrive en mauvaise posture au conseil d’administration. Celui-ci a le pouvoir historique de choisir entre l’intérêt de l’institution et le statu quo.
