Affrontements entre soldats loyalistes et putschistes
La situation était confuse à Ouagadougou ce lundi 24 janvier. Au lendemain d’une mutinerie de soldats, reprochant à leur hiérarchie de ne pas leur fournir assez de munitions et d’équipements dans la lutte contre les Djihadistes, plusieurs informations font état de l’arrestation du président Rock Marc Christian Kaboré. Le chef de l’Etat serait détenu par des soldats mutins dans un camp militaire, ont indiqué lundi des sources à France 24.
Ainsi, une semaine seulement après un coup d’Etat avorté, le président civil, réélu en novembre 2020 pour un second mandat, fait face à une nouvelle épreuve de force. Le ministre de la Défense, le général Barthélémy Simporé, affirmait pourtant dimanche que, “pour le moment », aucune institution de la République « n’a été inquiétée ». Des propos à reconfirmer ce lundi dans une capitale où les affrontements entre soldats loyalistes et putschistes font rage.
A 08H GMT, des tirs nourris provenaient du Camp Sangoule Lamizana, lieu où sont emprisonnés les auteurs du putsch manqué de 2015 dont le général Gilbert Diendere, condamné à 20 ans de prison en 2019. Conséquence de ce putsch, les audiences du procès Thomas Sankara prévues ce matin sont suspendues.
Selon les informations encore non confirmées, c’est un certain Paul-Henri Sandaogo DAMIBA qui est le meneur du coup de force. Si son forfait est confirmé, cet officier supérieur d’infanterie dans les Forces armées burkinabè, diplômé de l’école militaire de Paris, fera face rapidement à l’intransigeance de la communauté internationale qui proscrit toute prise de pouvoir par la force. La CEDEAO est monté au créneau dimanche, invitant les militaires à adopter une posture républicaine privilégiant le dialogue avec les autorités.
