Qui de la CEMAC ou de l’UEMOA tire son épingle du jeu ?
Beaucoup d’analystes des marchés estiment que l’affaiblissement actuel de l’euro par rapport au dollar (1euro =1, 235 dollars au 6 janvier) va chercher la plage des 1,1000 voire des 1,080 USD. Depuis le 6 janvier , la monnaie européenne a perdu 8,5% se négociant à 1,128 dollars.
En dépit d’une inflation élevée (7%) qui ne la perturbe pas outre mesure , l’Amérique présente des perspectives de croissance élevée à l’inverse de l’Europe confrontée à des records d’infection au variant Omicron de la Covid-19 et des reprises économiques plutôt poussives. Qui plus est, la FED a mis un bémol sur sa politique de quantitative easing là où la Banque centrale européenne (BCE) fait le tango.
La méforme de l’euro entraîne nécessairement celle du Franc CFA, monnaie commune aux 14 pays de la zone Franc et liée par une parité fixe (1euro = 655 Franc CFA) à la devise européenne. À priori, une baisse de l’euro favoriserait davantage les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) exportateurs d’hydrocarbures facturées en dollar et importateurs de produits alimentaires libellés en euros.
Pour sa part, l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) exportatrice de soft commodities (cacao, café, coton, arachide ) et importatrice nette de produits pétroliers transformés, devrait subir davantage les contrecoups de l’affaiblissement de l’euro, vu qu’elle exporte plus en euros et qu’elle importe généralement en dollars. Dans tous les cas et abstraction faite des stratégies commerciales propres à chaque pays, la baisse conjoncturelle de l’euro devrait booster la compétitivité des économies de la zone CFA à l’export. La monnaie vue comme une taxe à l’export par Kako Nubukpo devient, même si c’est à court terme, une subvention à l’export. Aux cotonniers du Burkina Faso et du Bénin d’en profiter.
