Le candidat de l’extrême droite française n’y va pas de main morte s’agissant des relations entre la France et l’Algérie. « C’est la France qui a inventé l’Algérie, c’est elle qui a défini ses frontières, découvert ses richesses pétrolières et gazières et qui a permis l’émergence d’une nation algérienne qui n’existait pas », lance l’éditorialiste, candidat aux présidentielles françaises, en marge d’une rencontre avec l’Association de la Presse Etrangère. Et l’humoriste d’enfoncer le clou: «si nous avons colonisé l’Algérie pendant 130 ans, nous n’avons été ni les premiers ni les seuls, l’Algérie a toujours été une terre de colonisation, par les Romains, les Arabes, les Turcs, les Espagnols… » ».
Eric Zemmour reproche aux dirigeants algériens de mettre seulement le focus sur les 130 ans de colonisation française, une période qui a laissé un héritage important aux yeux de l’ancien chroniqueur de CNEWS qui ne croit pas à la réconciliation franco-algérienne sur le modèle franco-allemand. « Parce que tout simplement, le gouvernement algérien n’en veut pas et peut détourner l’attention de l’opinion publique vers la France pour masquer l’échec d’une petite caste familiale et tribale au pouvoir depuis 60 ans », explique le polémiste bonapartiste. S’il était élu, le candidat crédité de 15 à 20% des votes annonce qu’il supprimerait l’accord de 1968 facilitant le travail et le séjour des immigrés algériens.
Condamné à une amende de 10 000 euros pour incitation à la haine raciale (il a fait appel), Eric Zemmour écarte toute idée de repentance, une manière pour lui de critiquer ce qu’il considère comme la « faiblesse du gouvernement actuel du président Emmanuel Macron: « la repentance ne sera même pas un sujet de discussion », a-t-il déclaré..
Le fond idéologique de la campagne de Zemmour repose sur « le grand remplacement », une expression qui meuble chacune de ses sorties. D’ailleurs, face à la presse, il a appelé l’Algérie d’arrêter de considérer que « la France est le déversoir de son excès démographique ». Considéré comme « un danger pour la démocratie » par 61% des français, l’auteur du « Suicide français », un citoyen français d’origine algérienne, n’en reste pas moins un outsider très médiatisé et capable de créer la surprise.
