Après des reports consécutifs pour des « raisons de calendrier », les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) se réunissent en présentiel ce 19 janvier 2022 à Brazzaville, la capitale de la République du Congo, pour la 20e session ordinaire de leur conférence.
Ce sommet se tient dans un contexte politique, sécuritaire et socioéconomique difficile renforcé par l’irruption de la pandémie de Covid-19 qui a déstructuré les moyens de production entraînant la récession économique en 2020, et dont la timide reprise post-Covid opérée avec un taux de croissance de 1,6% en 2021 et de 3,3 % projeté en 2022 ne permet pas, pour l’instant, d’envisager des perspectives positives à court terme.
Selon nos informations, plusieurs dossiers seront soumis à l’examen et à l’adoption des dirigeants de la sous-région. Entre autres, la situation politique au Tchad avec au menu le respect du calendrier du Comité militaire de transition (CMT) qui s’est donné dix-huit mois à compter d’avril 2021 pour remettre le pouvoir aux civils au terme d’un processus électoral inclusif. Les dirigeants d’Afrique centrale seront très attentifs à l’évolution de la situation dans ce pays, d’autant que l’exemple du Mali où la junte veut se donner une transition de cinq ans pourrait donner des idées au CMT pour vouloir rallonger la période de la transition.
Egalement sur la table des dirigeants de la sous-région, la situation sociopolitique en République centrafricaine, où la présence de la force « para-militaire » russe, Wagner est loin de mettre d’accord nombre de chefs d’Etat. La France se serait d’ailleurs appuyée sur certains dirigeants pour faire pression aux autorités centrafricaines de mettre fin à cette coopération qui se ferait à son détriment. Est-ce pour cette raison que la logistique de Wagner ne transiterait plus par le port de Douala au Cameroun avant son acheminement en Centrafrique ? Difficile d’avoir une réponse précise à ce sujet au regard des explications contradictoires obtenues auprès des sources proches du dossier.
Autres sujets attendus, la situation en République démocratique du Congo avec le regain de violence armée dans l’est du pays, ainsi que les relations de voisinage avec le Burundi et le Rwanda qui sont loin d’être un fleuve tranquille.
Egalement au menu des discussions, l’éternel problème d’intégration, l’Afrique centrale disposant de deux régions. Outre la CEEAC qui compte onze pays, (Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République démocratique du Congo, Rwanda, Sao Tomé et principe, Tchad), la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) qui regroupe six pays (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad).
Si les chefs d’Etat camerounais Paul Biya, gabonais Ali Bongo Ondimba, rwandais Paul Kagamé ne devraient pas physiquement assister aux travaux pour « diverses raisons », plusieurs chefs d’Etat seront autour de leur homologue congolais Dénis Sassou Nguesso. Les débats houleux lors des travaux des experts laissent croire que cette conférence des chefs d’Etat et de gouvernement pourrait constituer un tournant décisif pour l’avenir de la région.
