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Le Directeur général de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) en posture délicate

Bien que maintenu au terme du conseil d’administration extraordinaire du 10 décembre dernier à Cotonou, le directeur général de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI), Denis Bohoussou Loukou, est en  posture précaire.  Le cadre ivoirien, momentanément suspendu, reprend commande au terme de ce conseil d’administration mais avec un garrot au pied: il est placé sous…

Bien que maintenu au terme du conseil d’administration extraordinaire du 10 décembre dernier à Cotonou, le directeur général de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI), Denis Bohoussou Loukou, est en  posture précaire. 

Le cadre ivoirien, momentanément suspendu, reprend commande au terme de ce conseil d’administration mais avec un garrot au pied: il est placé sous la tutelle  d’un Comité ministériel de cinq ministres (administrateurs). Les ministres qui ont remis le DG  en selle plutôt que de proroger la suspension suivent le dossier de près.

C’est un secret de polichinelle, Denis Bohoussou Loukou n’a plus les faveurs de la présidente du conseil d’administration (PCA), la Béninoise Alimatou Shadiya Assouman, ministre du Commerce, qui tient à une clarification des comptes de l’OAPI.

A la mi-octobre dernier, un document signé de Madame Alimatou Shadiya Asouman annonçait la suspension de M. Bohoussou en qualité de Directeur général de l’OAPI et son remplacement par le directeur adjoint. Motif avancé, “ le refus du Directeur Général de faire exécuter la décision d’auditer la gestion de l’Organisation en vue de clarifier les soupçons de mal gouvernance et de malversation financières mettant directement en péril les intérêts de l’Organisation”.

Pour sa part, le DG a rejeté en bloc ce motif, se disant au contraire favorable à un audit large et qui prendrait en compte la période antérieure à celle mentionnée. “Le motif invoqué présente des limites flagrantes, outre la question de la qualité juridique et l’opportunité d’une telle décision ». Selon les informations, la reconduction du directeur général a été soutenue par le ministre ivoirien du commerce et de l’industrie, Souleymane Diarrassouba, qui a pesé du poids de son pays dans l’organisation des 17 pays membres. Reste à savoir si dans le fond, ce “dossier carabiné”, nous dit-on, ne risque pas de faire des dégâts collatéraux.

Au siège de l’organisation régionale basée à Yaoundé, le malaise est perceptible. Les chiffres circulent dans les couloirs. Il est question d’un audit de la gestion financière de l’organisation entre 2018 et 2020 qui révèlerait, selon nos informations, des actes anormaux de gestion pour  environ 397 millions de FCFA. Le système de contrôle interne de l’OAPI serait défaillant et dépassé.

En outre, il est relevé un   décalage dans la comptabilisation des opérations induisant un écart au 31 décembre 2018 de 741,7 millions de FCFA entre le solde débiteur de l’OMPI dans les livres de l’OAPI et le solde confirmé. Cet écart a été progressivement réduit mais sans faire taire les interrogations nombreuses concernant la gestion de l’OAPI. 

Entre autres irrégularités, ces immobilisations  d’une valeur de 86 millions FCFA non retrouvées lors de l’inventaire et qui continuent de figurer dans le fichier des immobilisations et en comptabilité. 

Face à temps d’irrégularités, le directeur général sous surveillance au propre comme au figuré, n’aura pas droit, c’est le cas de le dire,  à la trêve des confiseurs. Un mandat de trois mois a été donné au cabinet Mazars pour auditer la gestion du responsable et présenter un rapport définitif de cet audit au cours de la session du conseil d’administration extraordinaire prévue en mars 2022. 

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