Publié le 22 décembre, le dernier rapport de la Banque Mondiale sur l’Algérie n’est pas passé inaperçu. L’Agence de presse algérienne (APS) a estimé que le rapport, «sans aucune valeur, qui n’a rien de financier» a été «visiblement rédigé sur instigation de certaines parties connues pour leurs hostilités à l’Algérie». Une allusion au Maroc, à la France, au fameux “lobby juif” ou aux forces impérialistes ?
L’APS n’apporte pas plus de clarification, estimant que ledit rapport, qui a «occulté toutes les bonnes performances économiques et sociales de l’Algérie, a osé inventer des chiffres sur une prétendue pauvreté en Algérie », et-ce, poursuit l’agence, “au moment où tous les indicateurs de pauvreté sont au vert».
Et l’APS de s’en prendre nommément au Maroc. «Et pourtant, la pauvreté a une adresse dans la région. Mais, la BM n’en parle pas, il n’est pas question de rapporter des vérités et donner les vrais chiffres de la pauvreté au Maroc. Il faut protéger ce royaume du mal et de la misère chuchoté par les patrons de l’institution de Bretton Woods».
Dans sa réaction, l’Agence officielle dit regretter une Banque Mondiale sortie de son rôle en décrivant une situation contraire à la réalité. “L’Algérie condamne et rejette dans le fond et dans la forme cette immixtion flagrante de la Banque mondiale. Il s’agit d’une vaine tentative de déstabilisation à la soft power d’un pays qui avance mais qui dérange”.
Au passage, l’APS use d’une clause de style avec une chute aussi abrupte que les falaises de Niagara : “la Banque mondiale avait annoncé en 2019 que l’Algérie allait emprunter de l’argent, alors que la situation financière du pays connaît un redressement spectaculaire au moment où les protégés de cette institution financière et de ses lobbies sombraient dans de très graves crises socio-économiques”.
À la suite de l’APS, d’autres voix autorisées se sont offusquées de ce ce rapport de la Banque Mondiale. L’économiste Mustapha Mekideche, s’est dit « surpris et même choqué » selon les propos rapportés par l’APS: “Ce rapport avait pour seul objectif de démonétiser l’image du pays et de son économie”.
Dans son rapport, la Banque Mondiale estime que le PIB algérien s’est contracté aux premier et deuxième trimestre 2021, suivant l’essoufflement de l’activité dans les secteurs de la construction et des services. Au premier semestre 2021, le PIB et le PIB hors-hydrocarbures demeuraient ainsi 3,1 % et 3,9 % inférieurs à leur niveau antérieur à la pandémie, respectivement.
Du point de vue macroéconomique, la Banque Mondiale estime que la dette publique algérienne (49,8% à la fin 2020) a explosé en 2021, alors que le Trésor met en œuvre un programme massif de rachat de créances pour soutenir le secteur public.
Au premier semestre 2021, les autorités ont commencé par demander des avances à la Banque d’Algérie (BdA), entraînant une augmentation temporaire des passifs envers la BdA.
En juillet 2021, elles ont lancé un vaste programme de rachat de créances d’une valeur excédant les 15,3 milliards USD, rachetant les dettes des entreprises publiques en difficulté envers les banques publiques, en échange d’obligations du Trésor.
