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Bénin: Reckya Madougou condamnée à 20 ans de prison

Pour son avocat, Antoine Vey, qui s’était exprimé bien avant le procès, c’est un simulacre de justice. La sentence tombée ce samedi 11 décembre est lourde.  L’opposante béninoise et ancienne garde des sceaux Reckya Madougou écope de vingt ans de prison pour terrorisme devant un tribunal spécial à Porto-Novo, la capitale du Bénin.  Madame Madougou,…

Pour son avocat, Antoine Vey, qui s’était exprimé bien avant le procès, c’est un simulacre de justice. La sentence tombée ce samedi 11 décembre est lourde. 

L’opposante béninoise et ancienne garde des sceaux Reckya Madougou écope de vingt ans de prison pour terrorisme devant un tribunal spécial à Porto-Novo, la capitale du Bénin.  Madame Madougou, 47 ans, figure montante du monde politique et économique ouest-africain,  a été reconnue coupable de « complicité d’actes terroristes » par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). 

Le procureur avait requis 20 ans. La Cour a suivi la réquisition. « Cette cour a délibérément décidé de clouer au pilori une innocente », a dit Mme Madougou, peu avant l’annonce du verdict. « Je n’ai jamais été et je ne serai jamais une terroriste. »

Les avocats de la défense ont critiqué un tribunal spécial (CRIET) accusé d’être un instrument juridique au service du pouvoir.

« C’est triste pour notre justice. Je maintiens qu’il n’y a pas de preuve », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Robert Dossou, l’un des avocats de Reckya Madougou.

« Jugée à 6 heures du matin, sans témoins, sans pièces, sans preuve, Reckya Madougou condamnée à vingt ans de prison par trois suppôts du pouvoir. Son crime : avoir incarné une alternance démocratique au régime de Patrice Talon », a réagi sur Twitter Antoine Vey.

L’ancienne ministre, dont la candidature à l’élection présidentielle du 11 avril avait été rejetée, avait été arrêtée quelques semaines avant le scrutin qui a vu le président Patrice Talon être réélu pour un second mandat, avec plus de 86 % des voix. Mise en examen et écrouée au début de mars à Cotonou, la capitale économique, l’opposante est accusée d’avoir financé une opération visant à assassiner des personnalités politiques pour empêcher la tenue du scrutin et ainsi « déstabiliser » le pays.

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