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Maroc : c’est déjà Noël pour les sociétés cotées en Bourse

A 190,6 milliards de dirhams, soit 19 milliards de dollars, le chiffre d’affaires des entreprises cotées à Casablanca marque une croissance de 8,4% à fin septembre 2021. Les valeurs industrielles et le secteur financier sont les deux moteurs de ce dynamisme.  A moins d’un improbable retournement de la situation, les sociétés cotées à la Bourse…

A 190,6 milliards de dirhams, soit 19 milliards de dollars, le chiffre d’affaires des entreprises cotées à Casablanca marque une croissance de 8,4% à fin septembre 2021. Les valeurs industrielles et le secteur financier sont les deux moteurs de ce dynamisme. 

A moins d’un improbable retournement de la situation, les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca devraient réaliser une très bonne croissance cette année à l’exception de quelques entreprises en grande difficulté comme Delâtre Levivier et Stroc Industries. Cette dynamique est portée par le secteur industriel qui profite de l’accélération de la reprise de l’activité. Les carnets de commande des firmes sont à nouveau bien garnis et se rapprochent du niveau d’activité d’avant crise sanitaire.

Les revenus des sociétés industrielles se sont améliorés de 10,5% à fin septembre, à 123 milliards de dirhams. Des opérateurs gaziers, notamment TotalEnergies, +36% de croissance du chiffre d’affaires, bénéficient de la hausse des tonnages écoulés et du redressement des prix du brut à l’international.

 De la distribution spécialisée, Auto Hall surfe sur un effet de base favorable (confinement au premier trimestre 2020), le renforcement du pouvoir d’achat des ménages après avoir épargné durant la période de confinement et, enfin, sur un effet volume favorable du marché des voitures particulières et des véhicules utilitaires légers. 

Dans le BTP, le groupe cimentier LafargeHolcim Maroc (+22,2%) et Sonasid ont vu bondir leur chiffre d’affaires dans la foulée de la reprise des ventes globales de ciment pour le premier et de l’effet prix/volume positif pour le sidérurgiste.

L’autre moteur de croissance des revenus des sociétés cotées est le secteur financier. Les banques remontent la pente même si elles s’attendent à une forte hausse de créances en souffrance tandis que les assurances connaissent une insolente croissance de la branche Vie dont le dynamisme surprend même les assureurs. Au cours des neufs premiers mois de 2021, le produit net bancaire (PNB) enregistre une progression de 3,1% à 51,6 milliards de dirhams, soit 5,13 milliards de dollars.

Dans le secteur bancaire, la progression de 4,2% de la marge d’intérêt à 34,5 milliards de dirhams (3,4 milliards de dollars) provient de deux établissements : le groupe BCP (plus de 492 millions de dirhams par rapport à la même période de l’année dernière et CIH BANK (+ 305 millions de dirhams) dont les encours ont connu une forte croissance. La marge d’intérêt est le gagne-pain d’une banque, son évolution reflète l’efficacité de sa politique commerciale. C’est de la santé de cet indicateur dont dépend le résultat d’exploitation.
A noter cependant la très bonne tenue de la marge sur commissions, une source de revenu stratégique pour les banques marocaines qui permet de compenser la baisse des taux sur le marché des grandes entreprises. A fin septembre, elle s’élève à 9,3 milliards de dirhams, en hausse de 7,8% alors que les opérations de marché ont rapporté 6,5 milliards de dirhams (650 millions de dollars), des revenus en hausse de 4,8%. Pour les consultants de BMCE Capital Global Research, c’est le groupe Attijariwafa bank qui porte l’essentiel de la croissance sur les marges d’intérêt et sur commissions.

Dans l’assurance, la branche Vie continue sa folle croissance observée depuis trois dernières années : +20,4% à fin septembre pour un total de primes émise de 5,6 milliards de dirhams (560 millions de dollars). La croissance concerne toutes les compagnies inscrites à la cote. Les déboires de l’immobilier qui a été pendant longtemps un placement prisé par les détenteurs d’une grosse capacité d’épargne, les investisseurs se sont rués sur les produits d’assurance-vie. En plus d’une fiscalité avantageuse, les produits d’assurance-vie sont hors champ de règles successorales du droit musulman. Selon les professionnels, c’est un argument qui compte de plus en plus.


ENCADRE

950 millions de dollars investis

S’agissant des capex (investissements) et dans un contexte teinté de moins d’incertitudes, les sociétés cotées ont misé 9,5 milliards de dirhams (950 millions de dollars) dans l’investissement. C’est un chiffre en amélioration de 5,4% comparativement à l’année dernière. Cette progression intègre le renforcement des investissements de Maroc Telecom qui concentre plus de 1/3 du total (3,7 milliards de dirhams) et du groupe de distribution Label Vie (1,1 milliard dev dirhams) suite à l’accélération du rythme de son expansion.

Derrière Maroc Telecom, on notera des opérateurs miniers qui ont mobilisé 2 milliards de dirhams portés pour 88% par Managem, filiale de la holding royale Al Mada dans le développement de ses projets au niveau local et en Afrique subsaharienne.

Financial Afrik Premium