La justice ivoirienne face à la justice de la CEDEAO.
Le feuilleton entre l’homme d’affaires Oumar Diawara et la BNI Gestion connaît de nouveaux développements. En effet, le tribunal correctionnel a condamné ce jeudi 2 décembre l’homme d’affaires congolo-malien à 20 ans de prison ferme, 50 milliards de FCFA d’amende et 25 milliards de FCFA de dommages et intérêt à l’Etat de Côte d’Ivoire pour complicité d’abus de biens sociaux et blanchiment de capitaux. En outre, la même sentence ordonne la confiscation des biens du prévenu et son interdiction de séjour dans le territoire ivoirien. Un mandat d’arrêt a été lancé contre lui.
Ce jugement est à l’opposé de celui rendu par la Cour commune de la CEDEAO qui a condamné l’Etat de Côte d’Ivoire à verser 1, 25 milliard de FCFA à Oumar Diawara, en sus d’une restitution des terres dont la valeur est fixée à vingt milliards de francs Cfa, le 22 octobre dernier, dans la même affaire. Fort de ce jugement et d’une ordonnance de saisie, Oumar Diawqra a par deux fois exercé une saisie conservatoire sur un appareil de la compagnie Air Côte d’Ivoire en escale à Bamako et à Conakry. À chaque fois, l’appareil en question a redécollé au terme de plusieurs heures de tractations et avec des égratignures sur l’image de ce porte-drapeau national détenu en partie par Air France.
Reste à savoir si cette affaire n’est pas finalement un véritable crash test de l’effectivité des jugements de la Cour de justice de la CEDEAO face aux justices nationales souvent suspectées d’être sous influence des pouvoirs exécutifs.
