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Ethiopie: la rébellion tigréenne s’ouvre la route d’ Addis Abeba et la dette de l’état fédéral prend l’ascenseur

Un an après le déclenchement des opérations de rétablissement de la sécurité dans le Tigrée et alors qu’un rapport de l’ONU évoquant des «massacres de grande ampleur» mais hésitant sur l’emploi du qualificatif “génocide”, la guerre d’Ethiopie connaît une sorte d’accélération.  Les rebelles  du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) appuyés par l’Armée de…

Un an après le déclenchement des opérations de rétablissement de la sécurité dans le Tigrée et alors qu’un rapport de l’ONU évoquant des «massacres de grande ampleur» mais hésitant sur l’emploi du qualificatif “génocide”, la guerre d’Ethiopie connaît une sorte d’accélération. 

Les rebelles  du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) appuyés par l’Armée de libération oromo (OLA) ont fait sauter le verrou stratégique de Dessie et Kombolcha, leur ouvrant la route d’Addis Abeba à 400 km des hostilités.  Il s’agit d’une seconde victoire importante après la reprise de la capitale du Tigré, Mekelé, en juin dernier. 

Improbable  il y a quelques semaines, la prise de la capitale éthiopienne, siège de l’union Africaine, est désormais du domaine du très probable, avancent les experts alors que le premier ministre Abiy Ahmed, Prix Nobel de la Paix 2019 pour s’être réconcilié avec l’Érythrée (aujourd’hui son allié dans la guerre contre la province septentrionale du Tigrée) , a déclenché l’état d’urgence, donnant de facto le pouvoir aux militaires. Après le Soudan voisin qui pensait s’être débarrassé du régime militaire, sera-t-il au tour de l’Ethiopie, siège de l’Union Africaine, de tomber sous le contrôle de l’armée, voire de la rébellion ?

Pour rappel,  les Tigréens se battent  pour une autonomie large, voire l’indépendance ,  depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir fédéral en 2018. Face aux avancées des rebelles et alors que le gouvernement du premier ministre Abiy Ahmed est fragilisé par les sanctions annoncées par les USA (suspension du programme African Growth and Opportunity Act l’AGOA) et le désastre humanitaire (400 000 personnes risquent la famine) les interrogations sont multiples. Les instituions internationales en place à Abidjan n’ont pas encore déclenché des plans de repli mais s’y préparent forcées par les événements. Longtemps chouchou de l’Occident, Addis Abeba a besoin d’un plan de rééchelonnement de sa dette de 30 milliards de dollars auprès de l’ONU. Un coup de pouce suspendu à la décision de Joe Biden très critique envers Addis Abeba. 

Ne pouvant plus s’approvisionner en armes auprès de l’Allemagne, la France ou Israël, Addis-Abeba s’est tournée vers la Turquie et l’Iran. Un autre point de crispation. Si Pékin et Moscou s’opposent à toute sanctions, elles n’ont pas pour le moment apporté une aide financière conséquente à Abiy Ahmed, un premier ministre au pouvoir chancelant.

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