L’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) qui couvre les pays de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, RCA et Tchad) n’a pas encore décidé des orientations futures à donner à une éventuelle réforme du Franc CFA. Mais les opinions semblent bien établies en ce qui concerne les réformes intervenues en Afrique de l’Ouest, le 21 décembre 2019, quand le président français Emmanuel Macron et le président ivoirien Alassane Ouattara ont paraphé la feuille de route du passage du Franc vers l’Eco.
Ainsi, 67, 9 % des personnes qui ont répondu à sun récent sondage (mai et juin 2021) du think tank 1 Puissance 55 estiment que “c’est une fausse réforme” quand seulement 23,4% jugent qu’il s’agit d’un “bon début”. Une majorité écrasante (70%) voient la France comme initiatrice de la réforme contre 14,1% pour la CEDEAO et 10,3% pour l’UMOA. A noter que 48% des sondés croient que l’Elysée voulait faire court-circuiter le projet de l’Eco de la CEDEAO.
Un sondage plus révélateur des croyances et de l’état d’esprit des interrogés que de la réalité des faite puisque 94% des personnes interrogées, bien que n’ayant pas lu les documents cadres de la réforme, estiment à 91,9% que «la France ne se retire pas vraiment des instances de gouvernance de l’UMOA, au terme de ladite réforme».
Aussi, argue le think tank, «les opinions exprimées relèvent plus de la pétition de principe que d’une approche de vérification factuelle ». Et de poursuivre sur un autre constat : «les relais médiatiques et les réseaux sociaux ont probablement façonné une opinion anti-CFA qui n’est pas pour autant nourrie à l’échelle individuelle par une démarche de compréhension des tenants et aboutissants du sujet. Au demeurant, la jeunesse se nourrit de vérités intermédiaires, fondées tantôt sur les faits tantôt sur les biais ».
À la question de “que choisiront les chefs d’Etat de l’UMAC après la réforme du CFA de L’UMOA ?”, les avis sont partagés. Pour 36,7% des sondés, ce sera une “réforme profonde mettant la France Hors jeu” alors que 35,5% craignent “une réforme de surface semblable à celle de l’UMOA”. Ils sont 27% à évoquer un statu quo.
L’enquête initiée en langue française a consisté en une vingtaine de questions portant sur la réforme du XOF et les éventuelles perspectives de réformes du XAF. Publié sur Google Form, le formulaire a été partagé sur les réseaux sociaux, à l’attention des ressortissants des pays de l’Afrique subsaharienne francophone.
