Un an et demi après l’irruption de la crise sanitaire liée au coronavirus, le secteur bancaire camerounais tente de se relancer en digitalisant ses services. Ainsi, le lancement récent des opérations bancaires à distance sans internet et sans smartphone, associant les banques et les opérateurs de téléphonie mobile à travers une plateforme nationale d’agrégation de communications électroniques ayant pour code USSD #237#001# , participe de cette démarche visant à améliorer l’inclusion financière.
Selon l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (APECCAM) constituée d’une vingtaine de banques commerciales, d’organismes publics à caractère bancaire et d’établissements financiers dont le total bilan est passée de 4 687 milliards de FCFA en 2015 à 6 472 milliards en 2019, soit un accroissement de 50 % en moins de cinq ans, l’accent sur l’accélération de la transformation digitale dans le secteur bancaire est un atout pour résister aux effets néfastes de la pandémie.
« La transformation du ‘core banking’ a permis à la banque de détail de se réinventer afin de répondre efficacement aux besoins de la clientèle et de mettre en musique son business model sous l’emprise du digital. Les banques ont considérablement amélioré leur expérience client, leur compétitivité mais également la qualité des services offerts », a confié Alphonse Nanfack le président de l’APECCAM, par ailleurs directeur général d’Afriland First Bank.
L’atteinte de cet objectif passe entre autres, par la mise en place d’un axe stratégique portant sur le financement de l’économie visant l’accroissement du taux de bancarisation qui se situe à 29 % (extension du réseau d’agences bancaire) et le développement de la P.M.E ainsi que sur la stabilité et la solidité du secteur bancaire. Malgré le taux de créances brutes en souffrance de 16,6% du fait notamment de la crise sanitaire, le système bancaire camerounais entend accentuer son accompagnement au secteur productif sinistré à travers un financement accru à l’économie nationale.
Dans cette optique, l’assouplissement ponctuel par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) des conditions de classement, de comptabilisation et de provisionnement des créances impayées pour accompagner les entreprises touchées par la crise Covid-19, ainsi que la durée de déclassement en créances douteuses des crédits amortissables passant momentanément de 90 à 180 jours constituent une bouffée d’oxygène pour les banques.
