Par ABASHI SHAMAMBA.
C’est le premier incident majeur entre le gouvernement d’Aziz Akhannouch et le monde des affaires. Confrontés à une avalanche d’annulations de séjours des touristes étrangers suite à la décision des autorités de suspendre les vols au départ et vers l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, la Confédération nationale du tourisme a publié un communiqué virulent accusant le gouvernement de «pousser le secteur à une mort certaine ». Sous couvert d’anonymat, certains opérateurs parlent d’« amateurisme».
Le «bannissement» temporaire par le gouvernement marocain de vols provenant de l’Allemagne, Pays-Bas et du Royaume-Uni, trois gros pourvoyeurs mondiaux de flux touristiques pour cause de risque lié au « Covid-19 » a été suivi du renoncement par le Maroc d’accueillir l’assemblée générale de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), un évènement sur lequel comptaient les professionnels marocains pour relancer une activité en souffrance depuis mars 2020. « La décision de suspension de tous les vols en provenance et à destination de quatre marchés majeurs de la destination Maroc, réduit les espoirs de reprise à néant », fulmine la Confédération du tourisme. Ces bassins émetteurs de touristes pour la saison d’hiver se ferment brusquement plongeant un secteur déjà éprouvé dans le désarroi.
Les opérateurs redoutent désormais les effets collatéraux de cette décision. Des effets qui ne se sont pas fait attendre. De Marrakech à Agadir en passant par Fès, les hôteliers ne comptent plus les annulations en cascade non seulement des marchés « fermés », mais aussi de marchés traditionnels comme la France, premier émetteur de la demande du tourisme international vers le Maroc.
Le secteur pèse 7% du PIB
Le renoncement tout aussi brutal du Maroc d’accueillir l’assemblée générale de l’Organisation Mondiale du Tourismeprévue initialement à Marrakech du 30 novembre au 3 décembre 2021 et déplacée depuis à Madrid, a plongé les professionnels marocains du tourisme aux abois. Cette décision aura de graves conséquences sur l’image et la crédibilité de la destination auprès des prescripteurs de l’industrie des voyages, prévient la Confédération nationale du tourisme.
Au passage, les professionnels du tourisme rappellent au gouvernement de n’avoir pas tenu tous les engagements contenus dans le contrat programme 2020-2022 dont l’objectif était de soutenir les entreprises du secteur et préserver les emplois. «La situation devient de plus en plus intenable pour les entreprises touristiques, tout métier confondu, qui ont déjà asséché leur trésorerie », s’alarme la CNT.
Le versement de l’indemnité forfaitaire de 2000 dirhams (200 euros) au profit des salariés du secteur a cessé depuis le 30 juin 2021. Les professionnels du tourisme redoutent désormais un « tsunami » des licenciements. Le tourisme est un secteur vital de l’économie marocaine. Il représente 7% du PIB et constitue la deuxième source de devises étrangères du pays juste derrière les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger. Le secteur emploie près de 400.000 personnes.




