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Pourquoi Blaise Compaoré pourrait être gracié après son procès

Alors que le procès lié à l’assassinat de Thomas Sankara doit débuter le 11 octobre, l’Exécutif Burkinabè cherche la meilleure solution possible pour éviter la prison à l’ancien président en exil à Abidjan depuis 2014. Révélations. Le Tribunal militaire de Ouagadougou doit ouvrir, le 11 octobre, le procès des assassins supposés de Thomas Sankara, leader…

Un supporter du CDP, le parti de Blaise Compaoré, tient un portrait de l'ancien président déchu en exil, le 19 novembre 2020. (OLYMPIA DE MAISMONT / AFP).


Alors que le procès lié à l’assassinat de Thomas Sankara doit débuter le 11 octobre, l’Exécutif Burkinabè cherche la meilleure solution possible pour éviter la prison à l’ancien président en exil à Abidjan depuis 2014. Révélations.


Le Tribunal militaire de Ouagadougou doit ouvrir, le 11 octobre, le procès des assassins supposés de Thomas Sankara, leader révolutionnaire emblématique du pays qui régna à la tête du Conseil national de la révolution (CNR) d’aout 1983 jusqu’à son assassinat avec douze de ses collaborateurs, le 15 octobre 1987, dans l’enceinte du Conseil de l’Entente au centre d’Ouagadougou. Attendu depuis des décennies, ce procès est censé faire la lumière sur les circonstances de cette disparition et tenter de cerner les responsabilités réelles de l’ex-président mais aussi d’autres personnalités impliquées dans cet événement à l’instar de son ancien chef d’Etat-major particulier Gilbert Diendéré.


A supposer que l’ancien chef de l’Etat soit inculpé à l’issue de cette procédure, l’exécutif burkinabé envisage néanmoins d’ores et déjà, sinon une grâce présidentielle, du moins un aménagement de peine. «Nous réfléchissons à toutes les solutions possibles qui puissent apaiser les esprits. La justice doit passer, mais il existe un autre impératif actuellement qu’est la paix sociale», explique un ministre du gouvernement de Christophe Dabiré sous couvert de l’anonymat. Ce procès s’inscrit, en effet, dans un contexte dominé par les thématiques de paix et de réconciliation au Burkina Faso. Une dynamique chargée d’œuvrer au renforcement de la cohésion sociale au moment où celle-ci est mise à mal par l’insécurité et les violences djihadistes diffuses à travers tout le pays.
Durant plusieurs semaines, majorité et opposition ont partagé leur point de vue et leurs doléances dans le cadre d’un dialogue national. Du 17 au 25 janvier 2022, un important forum national sur la réconciliation rassemblera 3000 participants venus de tout le pays. Il doit permettre de livrer un exercice de catharsis collective pour tenter de resouder la société burkinabè. Alors que le Congrès
pour la démocratie et le progrès (CDP) est arrivé second à la présidentielle de décembre 2020, une inculpation de son fondateur serait de nature à tendre le débat chez ses partisans mais aussi chez les Burkinabè nostalgiques de l’ancien régime.


Bien que Pierre Olivier Sur, l’avocat français de Blaise Compaoré, explique la non-présentation de son client par «l’absence de garantie d’un procès équilibré et impartial», une autre raison à cet aménagement de peine réside dans l’état de santé de l’ex-président. Diminué alors qu’il a souhaité ses 70 ans, en février dernier, Blaise Compaoré connait des troubles neurologiques accompagnés,
notamment, de pertes de mémoire et de confusions. Il est actuellement suivi médicalement au Qatar. Nombre de ses visiteurs ont été frappés, ces derniers mois par sa faiblesse. «Même s’il s’était présenté au procès je doute fort de sa capacité à suivre l’ensemble des débats et à répondre à toutes les questions », commente un conseille de la présidence burkinabè.
De fait, Roch Marc Christian Kaboré s’emploie à l’heure actuelle à favoriser le retour de celui qui a régné sur le Burkina Faso de 1987 à 2014 – et davantage encore si l’on considère son rôle sous la révolution – sans que ce dernier ne soit inquiéter.


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