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Algérie: docteur FMI fait son diagnostic et prescrit son remède

L’économie algérienne s’est contractée de 4,9% en 2020 sous l’effet conjugué de la pandémie et de la chute des cours de pétrole. C’est le principal diagnostic dressé par le FMI au terme  de sa  mission dirigée par Geneviève Verdier, tenue  par visioconférence avec les autorités algériennes du 13 septembre au 3 octobre 2021 dans le cadre des consultations…

Le nouveau président algérien, Abdelmadjid Tebboune, bénéficie d'un état de grâce à l'inverse de ses homologues du Nigeria et de l'Angola.

L’économie algérienne s’est contractée de 4,9% en 2020 sous l’effet conjugué de la pandémie et de la chute des cours de pétrole. C’est le principal diagnostic dressé par le FMI au terme  de sa  mission dirigée par Geneviève Verdier, tenue  par visioconférence avec les autorités algériennes du 13 septembre au 3 octobre 2021 dans le cadre des consultations de 2021 au titre de l’Article IV.

Tout en saluant les mesures sanitaires prises par les autorités avec notamment l’accélération de la campagne de vaccination depuis le mois de juillet,  le Fonds monétaire international (FMI) estime qu’en plus de la forte contraction du PIB, l’Algérie a vu en 2020 ses déficits budgétaire et extérieur se creuser encore.

Les réserves internationales demeurent malgré tout à un niveau adéquat, ayant baissé de 62,8 milliards de dollars en 2019 à 48,2 milliards de dollars à la fin de 2020.

L’Economie algérienne devrait rebondir cette année selon les prévisions du FMI. «Une reprise graduelle est en cours, avec une croissance économique projetée à plus de 3 % cette année, soutenue par la reprise des prix et de la production des hydrocarbures. L’inflation s’est accélérée pour atteindre 4,1% en moyenne annuelle en juin 2021, en partie sous l’effet d’une augmentation des cours internationaux des produits alimentaires et d’un épisode de sécheresse en Algérie».

La croissance devrait cependant s’essouffler à moyen terme du fait de l’érosion probable de la capacité de production dans le secteur des hydrocarbures dans un contexte de réduction des projets d’investissements décidée en 2020, et des politiques actuelles qui limiteraient le crédit au secteur privé.

« De l’avis de l’équipe de la mission, la persistance de déficits budgétaires élevés à moyen terme engendrerait des besoins de financement sans précédent, épuiseraient les réserves de change, et présenterait des risques pour l’inflation, la stabilité financière et le bilan de la banque centrale. Globalement, la capacité des banques à prêter au reste de l’économie serait fortement entravée, ce qui aurait des conséquences négatives pour la croissance.

L’Algérie invitée à faire recours à l’emprunt extérieur…

Dans ses recommandations, le FMI estime que le financement monétaire devrait être interdit afin d’endiguer l’augmentation de l’inflation et l’épuisement rapide des réserves de change, tout en diversifiant les sources de financement budgétaire y compris à travers le recours à l’emprunt extérieur. “Une plus grande flexibilité du taux de change contribuera à renforcer la résilience de l’économie aux chocs externes et un resserrement de la politique monétaire permettra d’endiguer les pressions inflationnistes”.

La mission du FMI a rencontré M. Benabderrahmane, Premier ministre et ministre des Finances, M. Fadli, gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Arkab, ministre de l’Énergie et des Mines, M. Nasri, ministre des Travaux publics, M. Rezig, ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, M. Lahfaya, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, et Mme Krikou, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme. L’équipe s’est également entretenue avec d’autres hauts responsables du gouvernement et de la banque centrale, ainsi qu’avec des représentants des secteurs économique et financier, de la société civile et des syndicats.

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