Depuis leur QG de Rabat, les équipes de la Direction générale des impôts (DGI) et du Trésor devraient être soulagées en regardant les résultats dégagés au premier semestre par les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca. Le choc de la contraction de l’activité économique sur le Budget de l’Etat devrait être contenu grâce à une bien meilleure performance de ces entreprises qui font partie des grands contributeurs aux recettes fiscales.
Selon une étude effectuée par BMCE Capital (la banque d’affaires du groupe BOA BMCE Bank) datée du 1er octobre, le chiffre d’affaires total des sociétés cotées s’est élevé à 126,7 milliards de dirhams au 1er semestre, soit 12,5 milliards d’euros, en hausse de 7,5% ! C’est 3 points au-dessus du taux de croissance estimé du PIB pour la même période. La croissance des revenus des entreprises cotées est portée par le dynamisme commercial des industries et du secteur des assurances, expliquent les experts de BMCE Capital Global Research.
Selon la cartographie de contribution à la croissance des revenus des entreprises cotées, les gros contributeurs habituels occupent la pole-position : les sociétés financières (banques, sociétés de crédit à la consommation et organismes de leasing) drainent 27,5% du total, suivies par Maroc Telecom avec 15,6%, les assurances avec 9,3%, les entreprises agroalimentaires avec 9,9% et les opérateurs gaziers ainsi que les spécialistes des matériaux de construction avec 6,6% chacun.
En rapprochant le chiffre d’affaires cumulé au 1er semestre au niveau enregistré à la même période de 2019, considérée comme l’année de référence compte tenu de l’impact de la crise du Covid-19, la progression est de 2,3%. On peut donc en déduire que pour l’essentiel, ces entreprises ont retrouvé le niveau d’activité d’avant l’apparition de la pandémie.
3,2 milliards d’euros de résultat d’exploitation
Encore plus spectaculaire, la forte progression du résultat d’exploitation qui fait un bond de 21,2 % à 32,8 milliards de dirhams (3,2 milliards d’euros) et un résultat net part du groupe (RNPG) de 14,6 milliards de dirhams, soit 1,4 milliard d’euros.
Par branche d’activité, l’industrie confirme son retour en grande forme avec un résultat d’exploitation en forte hausse, +17,2% à 13,9 milliards de dirhams (1,35 milliards d’euros). A l’origine de cette progression, un bond du résultat opérationnel des distributeurs de pétrole et de GPL, notamment Total Maroc (+5,8% à 558 millions de dirhams, soit 55,5 millions d’euros), Afriquia Gaz, une filiale du groupe familial du Premier ministre nommé Aziz Akhannouch (+7,4%).
Les groupes cimentiers reprennent également du poil de la bête, et le mot est faible. A 1,8 milliards de dirhams (180 millions d’euros), LafargeHolcim Maroc enregistre une explosion de son résultat d’exploitation de 25%, celui de Ciments du Maroc progresse de 51% à 793 millions de dirhams (79 millions d’euros) malgré une forte pression inflationniste sur les coûts de l’énergie. Cette évolution témoigne vraisemblablement d’une amélioration des performances industrielles des cimenteries, avec un taux d’utilisation qui aurait avoisiné les 70% contre près de 50% au premier semestre 2020, décrypte BMCE Capital Research.
Les industries ont globalement démontré une amélioration de leur efficacité opérationnelle, notamment Afric Industries, Ciments du Maroc et Aluminium du Maroc qui affichent une meilleure maitrise de leurs coûts fixes et de leurs approvisionnements.
Pour leur part, les sociétés financières portées par les banques et les compagnies d’assurances, affichent un résultat brut d’exploitation (RBE) en hausse de +21,8% à 17,8 milliards de dirhams (1,75 milliards d’euros) grâce à un allègement de 13,6% des charges générales d’exploitation. Leur coefficient d’exploitation se situe à 49,2% contre 57,9% au premier semestre de l’année dernière à la suite de la non-récurrence de l’impact lié aux contributions au Fonds spécial créé pour gérer la pandémie du Covid-19, soit l’équivalent de 2,9 milliards de dirhams (290 millions d’euros). Enfin, le résultat technique des sociétés d’assurances et de courtage ressort en hausse de 87,2% profitant principalement de l’amélioration de 540 millions de dirhams du résultat technique Non-Vie du groupe Wafa Assurance qui a profité de la reprise des marchés financiers et l’amélioration du recouvrement des primes impayées.




