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Dette publique: l’étau de Glencore étouffe le Tchad

Environ  90% des droits d’exportation du pétrole du Tchad servent à rembourser la dette de Glencore contractée en 2014 par  la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT).  Gros passif hérité du régime du défunt président Idriss Deby, la dette  due au trader helvétique empêche le pays sahélien de clôturer le programme de restructuration de ses engagements extérieurs. Les froncements…

Environ  90% des droits d’exportation du pétrole du Tchad servent à rembourser la dette de Glencore contractée en 2014 par  la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT).  Gros passif hérité du régime du défunt président Idriss Deby, la dette  due au trader helvétique empêche le pays sahélien de clôturer le programme de restructuration de ses engagements extérieurs. Les froncements de sourcils de la Banque Mondiale n’ont pas réussi à infléchir le créancier de N’Djamena. 

Le trader suisse et son pool de bailleurs réclament 1,4 milliard de dollars (dont  347 millions pour le seul Glencore) nés d’un deal conclu en 2014. La transaction revêt les allures d’un préfinancement pétrolier, technique décriée pourtant par le Fonds monétaire international (FMI).

A l’époque, N’Djamena emprunte plus d’un milliard de dollars auprès de Glencore et de son pool de financiers.

Le prêt remboursable  en pétrole, devait servir à  racheter les parts de Chevron dans un consortium pétrolier. Mais la chute imprévue des cours mondiaux de l’or noir va  transformer cette fausse bonne affaire en un terrible gouffre financier.

Par deux fois, en 2015 et en 2018, Glencore avait consenti à des concessions. Lors du dernier accord datant de février 2018, le Tchad  avait obtenu deux ans de grâce dans le remboursement de sa dette, un allongement de la maturité du prêt jusqu’à douze ans et une révision à la baisse du taux d’intérêt de 7,5 % à 2 %. 

Le trader reste toutefois hésitant devant l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI) du G20 et le cadre commun conclu entre le G20 et le Club de Paris. 

Si les créanciers bilatéraux publics du Comité des créanciers du Cadre commun pour le Tchad ont décidé de restructurer leurs créances, tel n’est pas le cas pour les créanciers privés comme Glencore.

Or comme le rappelait Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI), dans une déclaration du 7 septembre, «le traitement de la dette du Tchad par ses créanciers privés est indispensable à son redressement économique».  Reste à parier que les nombreuses pressions exercées sur Glencore débouche sur une bonne nouvelle pour N’Djamena. 

Financial Afrik Premium