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Algérie-Maroc: oeil pour oeil, drone pour drone

En réponse à l’achat en avril dernier  de 13 drones turcs de combat Bayraktar TB2 par les Forces armées royales (FAR) du Maroc, l’Algérie vient de commander 24 drones chinois. Il s’agit de 24 appareils chasseurs de tanks WingLoong II, qui vont s’ajouter à six autres drones dont quatre d’attaque.  Le montant du contrat conclu avec le…

En réponse à l’achat en avril dernier  de 13 drones turcs de combat Bayraktar TB2 par les Forces armées royales (FAR) du Maroc, l’Algérie vient de commander 24 drones chinois. Il s’agit de 24 appareils chasseurs de tanks WingLoong II, qui vont s’ajouter à six autres drones dont quatre d’attaque. 

Le montant du contrat conclu avec le constructeur chinois AVIC n’a pas été dévoilé. Sur catalogue, le drone chinois coûte 5 millions de dollars l’unité, soit 7 à 10 fois moins que l’équivalent américain d’ailleurs difficile d’accès depuis l’arrivée de Joe Biden au pouvoir. 

Pour sa part, Rabat aurait  déboursé 70 millions de dollars pour acquérir les drones turcs   qui ont récemment permis à l’Azerbaïdjan de venir à bout de l’Arménie. Le succès  militaire des drones fabriqués par l’entreprise privée Baykar, proche de la famille du président Recep Tayyip Erdogan, lui vaut une expansion commerciale rapide au Moyen-Orient et en Europe de l’Est.

 Ce dont on est pour le moins sûr est que l’Algérie reste fidèle à l’armement chinois et russe. Dans le but de renouveler un arsenal jugé dépassé, les Forces navales algériennes vont bientôt recevoir des régiments de missiles anti-navires russes et chinois.

Les FAR marocaines s’inscrivent quant à elles dans un registre traditionnellement américain et français avec la Turquie et Israël en renfort. Ce dernier pays a fourni des drones Harfang (en photo), version francisée par Airbus Defense and Space du drone israélien Héron, de précision millimétrique dont un exemplaire aurait permis d’éliminer en avril dernier un important responsable du Front Polisario (Mouvement séparatiste soutenu par Alger, revendiquant l’indépendance du Sud marocain).  Au delà des acquisitions, Rabat négocierait surtout un transfert de technologie avec ses principaux fournisseurs.
Ainsi, les informations, le constructeur israélien Blue Bird Aerosystems s’apprêterait à fabriquer des drones Kamikazes depuis le royaume pour augmenter sa capacité à l’export.

Ces acquisitions d’armements sophistiqués interviennent dans un contexte de durcissement des positons avec la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays annoncées le 24 août par Alger de manière unilatérale, suivie, deux jours plus tard, de la fermeture du gazoduc Euro-Maghrébin reliant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc et, tout récemment, de l’interdiction de l’espace aérien algérien à tout aéronef immatriculé au Maroc. 

En plus de la guerre économique et stratégique, Alger et Rabat s’observent et s’épient : oeil pour oeil, drone  pour drone. Les deux pays n’iront pas toutefois jusqu’à l’affrontement, les observateurs inscrivant les stratégies développées de part et d’autre de dissuasives dans ce qu’il est convenu d’appeler une pure opposition de style au vu de la nature des carnets de commande des deux armées. 

L’Algérie et ses tank russes reste acquise à la doctrine classique de la ligne Maginot, avec des rangées physiques de défense et des tranchées dans une optique de guerre à long terme là où le Maroc serait  plutôt partisan de la guerre éclair. 

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