A la fin du premier semestre 2021, le Fonds souverain norvégien (Government Pension Fund Global) a gagné 990 milliards de couronnes soit 95 milliards de dollars provenant essentiellement de ses placements. Dans un communiqué, le patron du fonds, Nicolai Tangen, a relevé les performances particulièrement soutenues des secteurs de l’énergie et de la finance mais aussi des valeurs technologiques et de la santé.
Créé il y a 25 ans, le fonds souverain norvégien affichait un rendement de 9,4% au 30 juin tiré essentiellement par ses placements en action qui représentent 72,4% de son portefeuille et qui se sont appréciés de 13,7%. Les placements obligataires, qui représentent 25,1% des actifs, ont quant à eux perdu 2% tandis que les investissements immobiliers (2,4% du portefeuille) ont gagné 4,6%. Quant aux investissements dans les projets d’énergies renouvelables non cotés en bourse, ils affichent un rendement négatif de 1,9%. Présent au tour de table de quelque 8.800 entreprises fin 2020 de par le monde, le fonds souverain norvégien est le plus important au monde avec plus de 1 100 milliards de dollars d’actifs, contrôlant près de 1,5% de la capitalisation boursière mondiale.
Le fonds a pour objectif de placer les revenus pétroliers de l’Etat dans des actifs sûrs et rentables afin de financer les dépenses publiques. Cet exemple de gestion des revenus pétroliers paraît beaucoup plus judicieux que le système de « Fonds des générations futures », mis en place par certains Etats africains. La Norvège montre au Nigeria, au Congo et, entre autres, au Gabon, qu’il ne faut pas budgétiser le produit des exportations mais plutôt développer une politique de placement efficace sur les marchés financiers afin de financer les investissements de l’Etat.
Utile à souligner, le patron du fonds norvégien, Nicolai Tangen, n’est pas un fonctionnaire du Trésor ou du ministère des Finances, mais plutôt un loup de la finance recruté sur le marché. Fondateur du hedge fund AKO Capital, l’homme était milliardaire avant de prendre fonction et a accepté la proposition de la Banque de Norvège (autorité de tutelle du fonds) tout en sachant qu’il gagnera personnellement moins d’argent que le hedging. Pour éviter tout conflit d’intérêt, Nicolai Tangen a M. Tangen a transféré les 43% qu’il détenait dans AKO Capital à sa fondation caritative, AKO Foundation, dédiée à l’éducation, à la cause climatique et aux arts. De même, pour prendre le poste, le financier a liquidé tous ses placements en Bourse pour les loger dans des comptes bancaires ordinaires.
