Pour s’être soustrait à l’obligation bi-hebdomadaire de se présenter à la police, l’ancien président mauritanien, Mohamed Abdel Aziz, a été placé sous mandat de dépôt et mis en quarantaine dans une résidence sécurisée de la police en raison du contexte sanitaire. Inculpé en mars suite à un rapport d’une Commission d’enquête parlementaire portant sur ses dix ans de règne (2009-2019), l’ancien président, qui était en résidence surveillée, n’a de cesse de clamer son innocence et de s’arc-bouter sur l’article 93 de la constitution mauritanienne qui rend impossible, estiment ses avocats, le jugement de tout ancien dépositaire de la magistrature suprême à l’exception des faits de haute trahison.
Le président avait été mis en cause, en même temps qu’une dizaine de personnalités, pour des faits présumés de corruption, blanchiment d’argent, enrichissement illicite ou encore dilapidation de deniers publics. En avril, Mohamed Ould Abdel Aziz Aziz a intégré un petit parti d’opposition, le Ribat national, et-ce après avoir perdu le contrôle du parti au pouvoir, l’Union pour la république (UPR) en décembre 2019. Depuis, l’ex Général, qui écarte tout exil, «ni au Sénégal ni au Mali », tonne-t-il, a transformé ses différentes parutions devant la police judiciaire en une sorte de tribune politique. Multipliant les interviews, le président Aziz menace régulièrement de déballages quand il ne se considère pas comme une victime de répression.
En mai, le juge avait durci ces conditions en ordonnant son placement en résidence surveillée, tout en maintenant l’obligation pour lui de se présenter à la police trois fois par semaine et de demander l’autorisation du juge pour quitter Nouakchott. Il y a quelques jours, Mohamed Ould Abdel Aziz a décidé de ne plus se rendre à la police, comme il l’avait fait jusqu’alors, à pied, provoquant des attroupements. Il avait invoqué sur Facebook « les brimades infligées aux citoyens qui m’accompagnent et me témoignent leur soutien ». Pour rappel, Mohamed Abdel Aziz a vu son successeur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, son ancien chef de cabinet et ministre, lui succéder en août 2019 dans ce qui constitue la première alternance démocratique en Mauritanie. L’actuel président s’est abstenu jusque-là de commenter le dossier ou de s’y mêler au nom de la séparation des pouvoirs.
